Archives de Catégorie: Écrits

Henri

Avec un i, pas un y.

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Henri était le mari de Brigitte. Brigitte et Henri étaient nos voisins du dessus quand on habitait dans un appartement il y a, pfiou, presque vingt ans. Brigitte et Henri sont (pas tellement) naturellement devenus des amis de mes parents, et puis plus tard, de moi aussi un peu. Surtout Henri. Comment vous raconter Henri ? Chronologiquement peut être ? Je vais essayer.

Henri était fumeur, gros fumeur, alors naturellement, il sortait souvent sur le balcon. Souvent, je passais la tête par la fenêtre et j’appelais « Henri ? ». Et souvent il répondait « Qu’est-ce qu’il y a Antoine ? » Alors je disais bonjour, et il discutait cinq minutes avec moi, de balcon à balcon, comme on discute avec un enfant de même pas (mais presque) quatre ou cinq ans. J’aimais beaucoup Henri, et aussi quand on allait manger chez eux, ou que Brigitte et Henri et leurs filles venaient manger à la maison. Et puis on a déménagé, donc on les voyait moins souvent, mais on continuait de les voir, et j’aimais bien.

Moi je le savais pas, mais Henri buvait beaucoup. A tel point qu’un jour Brigitte est partie avec ses filles en disant qu’elles reviendraient quand la bouteille serait vide. Ça a pris quelques années, et pas mal d’aide de Brigitte aussi, mais Henri a quitté la bouteille et c’était chouette parce que du coup, je revoyais Henri quand on allait chez Brigitte, ou que Brigitte venait à la maison.

Henri, il m’a donné le goût de pas mal de chose, mais aussi et surtout de Gainsbourg, grand buveur devant l’éternel, mais surtout grand poète. C’est surtout pour ça qu’Henri l’aimait, le Serge, et moi aussi. D’où la bande son de ce billet.

Quand j’étais petit, mon papa m’a appris a joué aux échecs, et quand j’en avais marre de me faire battre par mon père, j’allais me faire battre par Henri. Et ça a continué longtemps.

Et puis comme Brigitte et Henri étaient très proches de mes parents, ils se rendaient mutuellement service. Comme par exemple m’offrir un toit l’espace d’un week-end parce que je partais en Ecosse quelques jours après qu’ils partent eux même, ailleurs. Et puis j’aimais bien Henri parce qu’il était un peu agoraphobe et que moi je n’aime pas trop sortir de ma comfort zone pour rencontrer d’autres personnes, donc à chaque fois qu’on était chez eux et qu’il y avait du monde, on se retrouvait dans notre coin et on rigolait ensemble, même si j’avais même pas quinze ans et lui plus du triple. J’avais l’impression d’être un adulte, c’était chouette.

Il y a deux ans à peu près, Henri a commencé à aller mal, genre pas bien du tout et puis on a vite su que c’était un cancer. Henri, il était un peu chiant parce qu’il voulait pas qu’on vienne le voir, ni chez lui, ni à l’hôpital pendant les séances de chimio. Mais je suis resté en contact et on jouait aux échecs par e-mail ou par SMS. J’avais mon plateau sur mon bureau et je bougeais mes pièces, et les siennes aussi du coup, une, deux, trois fois par jour, aux rythme des messages. Parfois moins souvent quand ça n’allait pas.

Et puis vers la fin de septembre quand on pensait que ça commençait à aller mieux, tout s’est dégradé, très vite, très fort et un matin, alors que je sortais du métro en allant à l’université je reçois un coup de téléphone de ma mère. Brigitte vient de l’appeler. Henri vient de mourir. Il faisait beau. Je me suis assis par terre et je suis resté là une heure à retourner ça dans ma tête et à essayer de réaliser, et puis je suis allé en cours, et puis après ça au travail. Et je faisais comme si de rien n’était mais dedans moi, c’était le bordel. Je savais que ça n’allait pas, mais ça, je ne m’y attendais pas. C’est con comme ça surprend la mort. Et puis je m’en suis voulu de ne pas avoir insisté auprès d’Henri pour qu’il veuille bien que je lui rende visite, parce qu’à ce moment là, ça faisait un an que je ne l’avais pas vu. Quand je suis allé chez lui pour voir son corps, je l’ai à peine reconnu, et j’ai fondu en larmes. Pas juste pleuré, non, vraiment fondu en larme, comme un gamin qui a pris une claque et qui ne comprend pas pourquoi. Et puis après j’ai éclaté de rire sous mes larmes et ma mère m’a regardé un peu bizarrement. Parce qu’Henri, ça l’aurait bien fait rigoler s’il m’avait vu je crois.

Son corps m’arrache enfin les râles du plaisir, et mon dernier soupir…

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Au pays des Révolutionnaires Pyramidés

Une fois n’est pas coutume, je laisse la parole à un autre pour les considérations sans importance du jour.
C’est donc @_Maltese qui nous parle de l’Égypte…


Pour moi, les matins se suivent et se ressemblent. Je sais cela peut surprendre quand on sait où j’ai la chance de me réveiller tous les matins.. Pourtant c’est la cas, chaque matin je me lève, réveille généralement certains membres du groupe et commence à préparer le thé pendant que ceux ci font leurs premières prières de la journée. Thé à la menthe, aux épices?
Voilà la question qui rythme chaque début de journée. Puis vient la préparation des chameaux, je m’occupe de Gloria généralement en silence, loin des éclats de rire des bédouins proches.
Une fois Gloria prête il reste encore son propre équipement, bien tout prendre, emporter de la corde pour le côté sport de la chose, une pelle et un pic afin qu’aucun mur ne vous résiste. Et c’est parti pour une journée ordinaire!
Extraordinaire pour vous, sans extra pour moi. Bien sûr, je m’éblouis toujours de voir cette image chaque matin! Alors je prends des photos.
Je prends des photos quand je peux, quand je fais des pauses, si vous en vouliez plus, il aurait fallu compter sur mon guide, il doit faire plus de pauses dans une journée qu’un employé de la Poste. C’est un être exceptionnel mon guide! Je le crois issu d’un mélange entre un dromadaire et un paresseux. Pourtant Hassan El-Kaïm est tout ce qu’il y a de plus humain, il a un sens très limité de l’hygiène, crache et chante dès qu’il est sur un chameau. Sans oublier qu’il s’énerve à peine nous prononçons le nom d’Hosni Moubarak..
De toute façon, pour vous dire, dans cette équipe nous ressemblons plus à la Famille Adams qu’à l’équipe idéale d’aventuriers au charme ravageur.. A part peut être nos deux bédouins. Ces deux là sont en fait les propriétaires de nos chameaux ainsi que de bons amis à présent. Ils sont nos cuistots, nos chasseurs de bestioles non agréables, nos briquets humains. De vrais pros, prêts à défier le plus doué des Mc Gyver.  Cependant, je me dois d’ébrécher quelque peu leur réputation sans taches… Ils sont absolument insupportables quant au rangement du camp. Comme vous pouvez aisément l’imaginer, en tant qu’adepte de fouilles, j’en crée souvent moi même dans les pièces où je me trouve!
Mais enfin bon, ce n’est pas la Mer Rouge à boire! Je ne leur fait aucun reproche quant à la quantité de narguilés qu’ils préparent le soir devant le feu de camp. Chacun son rôle voyons!
Alors, me direz vous, le désert c’est aussi cela, fumer le soir, ou boire un thé, tout en s’installant confortablement au milieu de ces paysages en s’imaginant Lawrence d’Arabie..

Malheureusement je n’ai de Lawrence que le cheval et les doux songes libertaires,   en fait, je ne suis même pas de ceux qui rêvent au désert, non moi, le seul moment où je rêve, c’est lorsque j’entends le son retentissant de la pioche contre un mur sonnant creux. C’est que l’on arrive en face d’une chambre certaine qui cache cependant encore tous ses mystères, nous permettant encore pour quelques instants précieux de rêver.

Je me permets souvent d’allumer ma lampe torche en premier, afin de me  délecter de  cette attente, presque malsaine qui précède la découverte extraordinaire ou l’échec commun. On s’imagine en Howard Carter, voulant faire de la sépulture ouvrière cachée derrière, celle d’un Roi, juste par égocentrisme. On voudrait revivre des scènes incroyables de découvertes royales et aventureuses dans un décor étroit et envoûtant.
Puis l’on ouvre les yeux, on revient en présence de ce mur.. On le cogne, fébrilement d’abord, car le briser, reviendrait un peu à briser cet instant. Puis l’on se reprend et l’on donne des coups de plus en plus rapprochés et violents, puis c’est le choc. La dernière barrière entre la chambre et soi vient de s’écrouler à ses pieds.
Il ne reste plus que vous, vos amis derrière vous et ces deux inconnus devant. Deux personnes qui vont faire partie de votre aventure. Ces deux momies sont bien différentes. L’une est en parfait état. Elle intéressera tous les musées, elle y finira, et sera admirée. L’autre en revanche est fichue.. On rendra les ossements aux villageois les plus proches afin qu’ils les enterrent dignement. On passera encore de longues heures à recoller les morceaux perdus de ce sarcophage brisé. Il nous apportera plus de travail que l’autre, il vous fera suer. Mais il vous intéressera bien plus que celui intact. Le brisé n’aura pas dévoilé toute son histoire. Il ne s’est pas brisé tout seul. Qui l’a fait? Il relance le mystère et vous pose des problèmes, tout ce que quelqu’un peut attendre d’un tel travail.
Il est déjà l’heure de remonter, on emporte les trouvailles, on fait quelques photos ratées, on est heureux, on rigole presque seul, c’est aussi ça la magie des tombes…
On retourne à la surface près de son guide, de ses bédouins, de Gloria et de tous ces paysages que l’on apprécie un peu plus chaque jour.
Après tout, on y retournera,  on aura l’occasion de revoir des murs et qui sait… Peut être aussi un Roi, même si un Roi Maudit serait encore mieux! La prochaine fois, je compte bien trouver la sépulture de Twithankaton, pharaon baleineau de la  glorieuse dynastie perdue!

À l’image de Gloria, j’espère que vous aurez apprécié cet article et que vous voudrez entendre la suite. A très bientôt tous et merci de votre lecture! Gloria et ses amis vous font leur plus beau sourire pour l’occasion!


Un orgasme en solo

Encore une histoire de fesses, mais cette fois-ci, elle est vraie. Toujours le même avertissement, on ne clique pas si on est mineur ou si on n’aime pas les horreurs sexuelles.

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Sans-Titre

Une histoire érotique illustrée, alors le bla blah d’usage, on ne clique pas si on est mineur ou si on est offensé par les description crue et toussa toussa…

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Exerstyles de cice

Deux exercices, proposés par deux fellow twittereuses et discrètement transmis via formspring d’abord en deux et puis en un. Deux exercices liés donc. Alors allons y. Posons une petite convention quand même: dix lignes: c’est dix lignes de l’éditeur de texte WordPress, avec ma résolution d’écran standard (1440×900), d’accord ?

Raconte tes 15 dernières années en 10 lignes

Déjà 15 ans en 10 lignes, c’est chaud t’as vu ? Ça fait moins d’une ligne par an, surtout qu’avec cette introduction, je gâche encore de l’espace. C’est voulu t’as vu, j’aime la difficulté. Il y a 15 ans, je termine mon CP juste après un déménagement. Tout va plutôt bien, même si les 4 années à venir je vais fermement m’emmerder à tel point qu’en 1998 une psy affirmera que je suis surdoué. Le doute me taraude encore mais je n’y crois pas vraiment. Arrivera alors le collège qui se déroulera sans évènement majeur, ni en bien, ni en mal, ni en dedans, ni en dehors, et fondu dans la masse, j’arrive au lycée après les 4 années réglementaires. Se découvre à mes yeux ébahis une nouvelle définition du mot enfer. Enfer qui durera deux ans, jusqu’à ce que je redouble après une année d’internat qui m’aura apporté des amis et du self-esteem. La suite est connue: 2006, grandes manifs anti-CPE. Autres amis, autres perspectives et surtout surtout: Elle. Le problème, c’est qu’Elle ne veut pas être Elle. J’en baverais, mais passons. Un bac (B+Euro teuton) et un départ en médecine. L’enfer à nouveau, mais différent. Et puis mon départ pour là bas. À cause d’Elle (entre autres). Cure intensive de plans cul sans lendemains, qui réussit, et travail (un peu) pour valider la L1. Et puis déménagement, colocation, et la période d’abstinence depuis. Subie et pas choisie, certes, mais on s’en accommode. Un an de plans cul réguliers m’ont gonflé, royalement. Et soudain, c’est le drame. Gros échec étudiant, retour à Lille chez les parents, et travail pour valider quelques matières… 10 lignes, fini…

Définis-toi en quelques lignes

Alors là Jane (puisque c’est ainsi que tu as choisis de t’appeler) tu es dure. Parce que ce que tu m’as pondu sur formspring, c’est certes instructif, mais ça n’est pas juste «quelques lignes»: c’est un pavé. Alors que faire ? Plus long ? Plus court ? Allez, j’improvise, on verra bien si ça marche.

Et soudain, c’est le drame. Quelques lignes pour me définir. Alors qui je suis sous les dehors du connard qui écrit ce blog en crachant sur tout et n’importe quoi ? Déjà, je suis un peu un connard. Cracher sur tout et n’importe quoi ça me plait, je suis comme ça, un peu (beaucoup ?) péremptoire. C’est d’autant plus jouissif que le n’importe quoi en question est généralement apprécié. Mais pas que. Je crois que je suis geek, mais coder me fait chier. J’aime bien écrire un petit script en python ou en bash de temps en temps pour me maintenir en forme, mais sinon, fuck. J’ai plusieurs addictions: café, cigarette, chocolat, musique et amertume. Je suis donc souvent amer dans mes propos, mais au fond de moi, je suis très romantique et plein de rêves tous plus fous les uns que les autres. Je suis un paradoxe vivant dans mes opinions (j’ai du mal à choisir entre rouge et noir, comprendra qui pourra) et en plus de ça, je suis très intolérant (à la connerie principalement, la vraie, pas l’immaturité déguisée). J’ai une empathie assez violente envers mon entourage proche ou lointain, empathie que je m’efforce de réduire au silence car elle me rend fou. Je suis passionné et perfectionniste, ce qui me pousse à vivre à cent à l’heure ou pas du tout. J’ai plus ou moins arrêté la guitare à cause de mes difficultés et j’essaie de me convaincre de reprendre. Je suis aussi malade, mais je ne m’épanche que rarement sur le sujet, peut être la dernière trace de pudeur qui me reste. Et peut être aussi que la maladie étant discrète, je me suis fatigué de l’expliquer à tout le monde, alors je la cache. Je crois que j’ai dépassé les quelques lignes citées plus haut, et c’est un autre de mes traits de caractères: je m’efforce de parler le moins possible, mais quand je parle, je pars très loin et change souvent de sujet sans qu’on s’en aperçoive. «De quoi on parlait déjà ?» est une question qui revient souvent dans les discussions que je peux avoir avec les uns et les autres. Je suis malade alors je pratique peu de sport en dehors du ski annuel, mais quand je le peux, j’aime marcher, longtemps (deux, trois jours) ou nager, beaucoup (un, deux kilomètres), que ce soit pour mon plaisir, pour me vider la tête, ou pour préparer la saison de ski. Je suis quelqu’un qu’on aime ou qu’on hait, dont on apprécie l’opinion ou au contraire qu’on méprise, mais entre les deux, jamais de demi-mesures. J’aime la bière rousse plus que la blonde, et la brune plus encore et si je ne devais boire qu’un seul alcool, ce serait du whisky d’Islay, si étrange dans ses arômes, plein de tourbe et de fumées, riche des embruns salés de la mer qui l’entoure et de l’amour des gens qui le distillent. Je lis (beaucoup), j’écris (moins) et j’aime partager. Par dessus tout, j’aime partager. Enfin, j’aime aimer et je cherche encore celle qui sera capable d’épancher ce trop plein d’amour qui déborde de mon cœur.

Le respect de la consigne de cet exercice est donc un bon gros FAIL dans le sens où j’ai échoué à faire court, mais une réussite je pense dans la mise à nu. Oui ? Non ?


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