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Le goût du Citron

Je n’ai jamais compris la façon dont les gens utilisent le citron.

Le citron, c’est vachement bon, c’est vrai. Mais seul. Hors pamplemousse, toute association à base de citron est vouée à l’échec, sans possibilité de retour. Ou alors en sorbet peut-être, à condition de ne pas y aller trop lourd sur le sucre. Parce qu’il n’y a rien de plus dégueulasse que le citron sucré.

Le citron sucré, c’est un peu comme celui qui mangerait du chocolat noir sans prendre du 90% (minimum) de cacao. Tu n’as plus cette saveur amère (dans le cas du chocolat hein) qui est, au final, le seul intérêt du chocolat noir sur le chocolat au lait. Mais c’est du noir, alors tu n’as plus ce côté gras et sucré et complètement étouffant qui fait tout l’intérêt du chocolat s’il n’est pas amer. Et ben le citron sucré, c’est pareil. Le citron sucré c’est pourri du cul.

Ce goût acide qui t’arrache un hissss reptilien de douleur et de plaisir mêlés.

Je n’ai jamais compris ces gens qui arrosent allègrement leur poisson de citron ou même pire, ces énergumènes, mâles et femelles, qui cuisent le citron pour accompagner leur repas écaillé, quand seul le vinaigre est à même d’apporter acidité et saveur à la chair aquatique. Le citron hait le poisson, qui le lui rend bien.

Et tant qu’on en est à parler de citron et de vinaigre, si tu fais partie de ces gens qui ajoutent du citron, en zeste ou pressé, à leur vinaigrette pour accompagner salades, légumes, huitres et autres fruits de mer, accepte cette corde que je t’offre avec plaisir, et pends-toi sous un chêne, de préférence centenaire et solitaire.

Car en définitive, la chair acide du citron est jalouse. Elle ne te partage pas avec un autre met, elle ne t’aime que si elle est la seule sur ta papille. Son zeste amer est moins exclusif, mais au moins aussi exigeant. C’est un aigri, qui n’aime que l’amertume.


Tant Pis

Bon. Ce billet n’a pas tellement d’autre but que de vous faire savoir que je suis bien vivant (pour ceux que ça intéresse, et désolé pour ceux qui espéraient le contraire). Je n’ai rien écrit depuis trois mois, certes. Pourtant, ça n’étaient pas les occasions qui manquaient.

Primaires socialistes, auxquelles je n’ai pas voté. Contrairement au PS, je suis socialiste (tu sais, les socialistes de 36 et d’avant, ceux qui avaient Marx et Lénine comme modèle, aujourd’hui on dit communiste, mais c’est du pinaillage), je ne me sentais donc pas légitime pour participer à ces primaires. Il y avait aussi le fait que je ne voulais pas donner un seul de mes euros à ce parti. Et enfin, le problème de la signature de la charte d’adhésion aux valeurs de la gauche. En soi, j’y adhère, mais qu’un parti comme le PS me demande de signer un tel papier pour me laisser voter, je trouve ça fort de café. Le gauchisme, maladie infantile du communisme écrivait Lénine. Tant pis.

J’ai beaucoup tweeté en fait, et la plupart de mes agressions politiques depuis la rentrée se sont faites en tranches de 140 caractères, parfois avec les (x/y) de rigueur, et je te rappelle que si tu n’as pas peur de te faire envahir sous un flot quasi-permanent de conneries inutiles et de private jokes incompréhensibles, tu trouveras (peut être) deux ou trois brèves intéressantes sur ma page twitter. Ceux qui nous suivent tous les deux ont peut être pu me voir moquer sauvagement @Charlyescp, un odieux capitaliste auto-proclamé, quoi que pour avoir regardé sa page twitter en détail, il ne fait pas partie de 1% (pour reprendre la rhétorique des indignés américains) et joue donc contre son propre camp. Il n’en a juste pas (encore) conscience. En gros, pour résumer la chose, il a réagi assez peu finement à une pique balancée à la cantonnade, suggerant que je sois un grand admirateur de Caucescu, ou d’autres sombres dictateurs du même acabit, rouge autoproclamés. Au fait, le mÔssieur râlait parce que comme je ne le suivais pas, il ne pouvait pas m’envoyer de DM pour me prouver que j’avais tort d’être un rouge. Bon, débattre de ce genre de choses, pour moi, c’est en public, tant qu’à faire. Mais une fois que je lui ai envoyé mon adresse e-mail (considerationssansimportance@gmail.com si quelqu’un veut m’envoyer une lettre d’insultes), il a fait le mort. Tant pis.

Sur facebook, j’ai râlé contre Michel Onfray. J’aimais bien Michel Onfray avant. Principalement parce qu’il est anticlérical et que les curés, moi, je peux pas les empaffer. Enfin, je dis les curés, mais c’est la même choses pour tous les imams et tous les rabbins hein. Je suis pas sectaire. Mais quand on donne dans le révisionnisme, et qu’on t’explique tranquillement que les communistes en général, et Guy Môquet en particulier, avant 41 donne dans la collaboration avec les nazis, je débloque un peu. Tout ça pour dire qu’une autre de mes idoles passe de vie à trépas et part rejoindre la fange en décomposition des trous du culs victimes de mon mépris ou de ma haine dénuée de respect, au choix. Tant pis.

J’ai pas dit grand chose sur Charly Hebdo et son numéro de la semaine dernière, sinon que j’ai spammé les commentaires islamistes sur la page facebook par un vers de l’Internationale que j’aime beaucoup: «Ni Dieu, ni César, ni Tribun». Et je pensais avoir retweeté un billet d’un éditorialiste Tunisien qui disait tout le bien qu’il pensait de Charlie Hebdo (pas beaucoup) et celui des fous de Dieu abrutis responsables du bûcher (encore moins) mais en fait, non. Le billet était génial, mais je ne remet plus la main dessus. Tant pis.

Tout ça pour dire que j’ai beau avoir été relativement actifs ces trois derniers mois, à différents points de vue, je n’ai rien produit qui vaille la peine d’être publié ici. Tant pis.

 


Fuir la flamme olympique…

Une citation d’Alan Sillitoe que j’avais lue dans la préface de The Loneliness of the Long Distance Runner, qui m’avait marqué suffisamment pour m’imprégner mais pas assez pour s’imprimer dans ma mémoire. Après un an et demi de recherches pas du tout assidues je l’ai enfin retrouvée…

I have never practised any kind of sport. It has always seemed to me that sport only serves to enslave the mind and to enslave the body. It is the main “civilising” weapon of the western world ethos, a way of enforcing collective discipline, which no self respecting savage like myself could ever take to. Society was built on “competition,” and “sport” is a preliminary to this society and an accompaniment to it. It is a sort of training ground for entering into the war of life. The Olympic torch is a flame of enslavement—run from it as fast as you can, and that in itself will give you plenty of exercise.

Je n’ai jamais pratiqué aucun sport d’aucune sorte. Il m’a toujours semblé que le sport ne sert qu’à abrutir l’esprit et à asservir le corps. C’est la principale et géniale arme de « civilisation » du monde occidental, un moyen d’imposer une discipline collective que ni moi, ni aucun sauvage qui se respecte ne pourrait accepter. La société est construite sur la « compétition » et le « sport » est un préliminaire et un compagnon de cette société. C’est une sorte de camp d’entrainement à la guerre de la vie. La flamme Olympique est une flamme d’endoctrinement. Fuyez la ausi vite que vous le pouvez, et cette fuite en elle même sera un exercice physique largement satisfaisant.

Alan Sillitoe, in Sport and Nationalism


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