Fuir la flamme olympique…

Une citation d’Alan Sillitoe que j’avais lue dans la préface de The Loneliness of the Long Distance Runner, qui m’avait marqué suffisamment pour m’imprégner mais pas assez pour s’imprimer dans ma mémoire. Après un an et demi de recherches pas du tout assidues je l’ai enfin retrouvée…

I have never practised any kind of sport. It has always seemed to me that sport only serves to enslave the mind and to enslave the body. It is the main “civilising” weapon of the western world ethos, a way of enforcing collective discipline, which no self respecting savage like myself could ever take to. Society was built on “competition,” and “sport” is a preliminary to this society and an accompaniment to it. It is a sort of training ground for entering into the war of life. The Olympic torch is a flame of enslavement—run from it as fast as you can, and that in itself will give you plenty of exercise.

Je n’ai jamais pratiqué aucun sport d’aucune sorte. Il m’a toujours semblé que le sport ne sert qu’à abrutir l’esprit et à asservir le corps. C’est la principale et géniale arme de « civilisation » du monde occidental, un moyen d’imposer une discipline collective que ni moi, ni aucun sauvage qui se respecte ne pourrait accepter. La société est construite sur la « compétition » et le « sport » est un préliminaire et un compagnon de cette société. C’est une sorte de camp d’entrainement à la guerre de la vie. La flamme Olympique est une flamme d’endoctrinement. Fuyez la ausi vite que vous le pouvez, et cette fuite en elle même sera un exercice physique largement satisfaisant.

Alan Sillitoe, in Sport and Nationalism


5 responses to “Fuir la flamme olympique…

  • hadware

    Non, là non.
    Je ne sais pas si ce message est posté juste comme ça, pour montrer une opinion, ou s’il est véritablement représentatif de ta pensée, mais je réagis dans tout les cas.

    Oui, le sport est peut-être un hymne à la compétitivité, et un entraînement à la « guerre de la vie », mais ça n’est pas seulement ça. C’est même une simple facette de ce que peut-être le sport.
    Je ne suis pas un grand sportif, un athlète de haut niveau dédié corps et âme dans cette discipline, mais j’aime me faire de temps en temps une partie de foot, courir un peu, nager, ou un handball. Et cela n’a rien de compétitif, c’est même *tout* l’inverse: faire un petit foot entre ami crée des liens, des fois c’est même drôle, et en aucun cas il n’existe une quelconque tension dans le jeu. Bien sûr, des fois, quand des gens qui ne se connaissent pas se rencontrent, il peut y avoir de la rixe, mais c’est souvent l’apanage des mauvais joueurs! Le sport est doté de règles, et c’est ça qui le rend totalement pacifique! Aucun sport, à part quelques exceptions dans les sports de combats, mais là c’est une autre histoire, ne prône la destruction de l’équipe adverse.
    Le sport, c’est la discipline du corps, et très souvent aussi de l’esprit, c’est apprendre à se maîtriser (j’ai cependant été nageur d’assez bon niveau, donc se sais de quoi je parle), c’est se connaître et savoir construire un projet en groupe. L’argument « compétition = loi du plus fort, machin » est une pure connerie, dans le sens où justement le sport ne privilégie pas le plus fort, le mieux doté, et c’est à ça que les règles servent. C’est bien celui qui comprend le mieux les enjeux du sport en question qui l’emporte, c’est contre-nature! Une guerre n’a aucune règle, tandis que la plupart des disciplines sportives prônent le respect de l’adersaire, et surtout dans les sports de combats.
    De plus, pourras-tu dire qu’un jogging, que quelque longueurs de natation quotidiennes ont une quelconque teneur compétitive, une volonté affirmée de battre et d’écraser les autres? Le sport c’est pour le corps un besoin essentiel de se maintenir en équilibre.
    Je veux bien qu’on soit trop feignant pour en faire, qu’on en ai juste ni le besoin ou l’envie, et Churchill l’avoue bien « Sport, no sport », mais se justifier avec des arguments aussi fallacieux est presque se prendre pour un con.

    PS: Je n’inclue pas dans « sport » les choses suivantes:
    -Tout les sportifs pro qui eux, tracent leur vie avec le sport, et pour eux ont parle bien ce compétition
    -Les sports de combats débiles (hors arts martiaux quoi)
    -Le foot pro, usine à débilité

    • Tonio...ReinesHerz

      J’ai commencé à écrire un commentaire fleuve pour te répondre, et j’ai cliqué sur le mauvais bouton comme un gros connard, j’ai tout perdu. Mais en gros: 1. la citation reflète ma pensée profonde / 2. je suis assez d’accord avec toi sur l’idée du petit foot entre ami / 3. tout le reste de ton commentaire est, à mon sens, erroné / 4. je reviendrais (comme Terminator) terminer le boulot et justifier le point 3 avec des vrais arguments / 5. Stay tuned ;-)

    • Tonio...ReinesHerz

      Bon allez j’y vais, je réécris ma réponse.
      Juste pour répondre à ta première phrase, oui, cette citation reflète ma pensée profonde, mais je suis malgré tout d’accord avec toi, en tout cas sur le principe du sport entre amis.
      Comme tu le soulignes, le sport peux être cet outil d’endoctrinement décrit par Alan Sillitoe. Remettons la citation dans son contexte un instant. Il s’agit d’un extrait d’un texte intitulé sport et nationalisme. La cible évidente de ce que Sillitoe décrit est (mais pas seulement) les organisations du genre des jeunesses hitlériennes, où il s’agissait plus d’endoctriner les djeuns et d’en faire des soldats avant l’heure. Il s’agissait en effet d’un mouvement para-militaire, et à la fin de la guerre, à Berlin, les russes ont surtout rencontré des membres de ces jeunesses, hâtivement vêtus d’un uniforme de la Wehrmacht. L’année de ce texte (que je n’ai pas indiquée) est aussi significative. Il a été écrit en 1972, à une époque où à l’Ouest, on aimait bien éviter que les jeunes se mettent à réfléchir, et où on aimait bien leur vanter les vertus épanouissantes et gratifiantes du sport plutôt que sur l’effort mental. Principalement parce qu’à l’époque la classe ouvrière était très forte et qu’à moins d’être un fils de…, promis à un brillant avenir et à un héritage juteux, quand les jeunes se mettaient à réfléchir à l’époque, ils avaient plutôt tendance à se tourner vers les idéologies de gauche. Et le communisme, c’est le mal. Dans le même esprit, tu peux lire The sporting spirit de Georges Orwell (mais ça date de 1945).
      Et Sillitoe parle bien du sport organisé dans son article. Et c’est un système typiquement anglo-saxon que d’offrir des bourses d’études supérieures à des jeunes qui n’auront pas le temps de mener à bien leurs études, afin qu’ils puissent pratiquer le sport dans les ligues universitaires (bénéfices financiers pour les sponsors très juteux aux USA, peut être moins aux UK, je ne sais pas).
      Alors oui le sport entre amis ça n’est pas le mal absolu. c’est même très très bien, j’en suis moi même un partisan absolu et ou bien en solo, ou bien avec des amis, il m’arrive de nager, de randonner ou de taper de dans un ballon, et j’y prend un plaisir d’autant plus accru qu’à cause de ma maladie, je ne peux pratiquer presque aucun sport autrement que comme ça.
      Mais je ne suis pas du tout d’accord avec ton analyse des règles, censées rendre le sport pacifique et établir un équilibre empêchant la prévalence de la loi du plus fort dans le domaine de la compétition. Les règles font partie du sport, et sur le terrain ou la piste (ou whatever) c’est bien la loi du plus fort qui régit tout, mais le plus fort ne s’entend pas nécessairement comme le plus fort physiquement, mais techniquement, mentalement, comme le mieux préparé, comme le meilleur à ne pas se faire remarquer par les arbitres (ou whatever) ou plus réalistement comme une combinaison de ces paramètres et d’autres que je suis tout simplement trop feignasse pour m’embêter à les identifier et les énumérer.
      Et c’est là que l’analogie de Sillitoe avec la compétition de la société devient valide, car en société, c’est celui qui joue le mieux avec les règles (ou qui s’en joue le mieux) qui gagne, et toujours au détriment des autres. C’est celui qui est le plus compétent dans son domaine, qui sait le mieux se vendre, qui sait le mieux casser les prix, et cætera.
      Et même à un niveau amateur, cette analogie reste valable, je vais prendre mon exemple personnel. À une époque (il y a…loooooongtemps) j’ai eu fait de l’aviron. J’étais assez bon. Suffisamment bon en tout cas pour que mon entraîneur veuille me faire participer à des compétitions en portant haut les couleurs du club. Et je déclinais, parce que ça ne m’intéressait pas. Et je me faisais engueuler. Et à force de refuser, on m’a gentiment encouragé à ne pas reprendre ma licence pour l’année suivante. On ne m’a pas explicitement viré, mais l’entraineur a été asez clair. Alors oui bien sûr, j’aurais pu prendre ma licence dans la section ‘loisirs’ du club. Mais ça ne m’intéressait pas de ramer en synchronisation sur une goelette à 8 bancs de nages avec ce qui était, il faut bien le dire, une bande de vieux (il y avait même mon père). Moi je voulais foncer à toute bringue sur la Deûle avec mon skiff, et me laisser griser par la légereté, la vitesse et la réactivité au moindre manque de synchronisation de mon bateau. Mais je pouvais pas faire ça en loisirs. Je ne pouvais pas faire ça pour m’amuser, il fallait que je rentre dans cette règle de compétition. Ce qui m’a encore moins donné envie d’en faire, à quelque niveau que ce soit.
      Donc la citation de Sillitoe, une fois remise dans son contexte, reflète effectivement ma pensée profonde vis à vis du sport, y compris en dilettante (et comprendre ici dilettante comme en dehors de toute structure), parce qu’on pourrait lé résumer ainsi: La flamme olympique (le sport organisé) est aliénante et il faut la fuir de toute ses forces (en pratiquant un sport en dilettante, pour se faire plaisir). Ce qui me permettait donc de dire que j’étais d’accord avec toi (au moins en partie) au début de ce commentaire.
      Et pour terminer sur une note d’humour, la guerre A des règles ! Celles-ci concernent plus des lignes globales de conduite plutôt que des interdits fermes et définitifs, mais si on fait passer les futurs-officiers dans des écoles, ça n’est pas seulement pour les endoctriner et leur laver le cerveau à grands coups de patriotisme… ;-)

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