Le blues de la page noire.

Vous la connaissez tous: l’angoisse de la page blanche.

Certains parmi vous ne l’ont plus rencontrée depuis leur baccalauréat et les interminables dissertes de philo, de français, d’histoire-géo…

D’autres la rencontrent plus souvent: les journalistes, les blogueurs, tous ceux qu’on voudrait nous faire croire « influents », et, pire, tous ceux qui voudraient bien l’être, à coup de billets sponsorisés, à coup de tweets clash ravageurs, ils la connaissent tous.

Moi pas.

L’ange de la page blanche n’a plus déployé ses ailes sur moi depuis…depuis… Je ne sais même pas depuis quand je n’ai pas ressenti cette sensation que certains décrivent comme un vide désagréable. Je crois que je ne l’ai jamais ressentie. J’ai cette aisance avec les mots. J’arrive toujours à les utiliser à mon avantage. Quand j’en prend la peine ceci dit.

Moi je ne connais pas l’angoisse de la page blanche. J’ai la Peur de la page noire.

Elle me terrifie.

Je pense trop, trop vite, trop brouillon. Je n’arrive pas à organiser ma pensée. C’est le chaos qui règne en maître dans mon cortex cérébral. Le flot de mon inspiration est rapide, trop rapide. À tel point que je n’arrive pas à le suivre. Il part dans tous les sens, et mon écriture avec. Vous savez ce que disent certains auteurs: ils pensent à une phrase, et pendant qu’ils la mettent par écrit, il pensent à la suivante.

Moi, je vais tellement vite que le temps d’écrire la première phrase j’ai déjà oublié la suivante, emportée par la coulée de boue de mes pensée, qui inonde le village de mon texte. Si vous saviez combien de brouillons inachevés trainent sur mon bureau, dans mes pochettes, dans l’interface de mon blog. Combien de textes que j’espérais brillants, ou simplement intéressants, et qui n’iront pas jusqu’à la fin de leur gestation, avortés par une réflexion que je n’arrivais plus à suivre.

Combien de textes j’ai publié même, qui ne contenaient pas la moitié de ce que j’y voulais mettre, simplement parce que j’étais trop con pour réussir à suivre ma pensée correctement. Combien de textes j’ai dû amputer parce que je n’arrivais plus à coucher par écrit un raisonnement intéressant. Combien d’autres j’ai jeté à travers ma chambre en hurlant rageusement « C’est de la merde ! » parce que j’avais essayé, en vain, de réfléchir plus lentement.

Je n’ai pas peur de la page blanche.

Ce billet en est la preuve.


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