La bière, le pamplemousse et le chocolat

Il était une fois une saveur, une saveur mal-aimée. Une saveur un peu particulière, à la fois rafraichissante, mais en même temps suffisamment désagréable pour qu’on se serve de son nom pour définir tout un panel d’émotions négatives. Enfin, désagréable, il fallait le dire vite. Avec un peu d’éducation finalement, l’amertume est un délice.

Souviens-toi quand tu avais 2 ans et demi, que ton Papa prenait la poudre de cacao Van Houten, et qu’il la fouettait de longues minutes durant dans la casserole de lait au bord de l’ébullition. Et là, après avoir versé la savante préparation dans le biberon, il te demandait si tu voulais du miel. T’en rappelles-tu comme tu hochais frénétiquement la tête de droite à gauche ? Non, non, non, mon Papa, pas de miel, pas de sucre dans mon amertume chocolatée !

Et puis, avec le Welsch, quand ta maman te laissait tremper les lèvres dans son verre de gueuze, alors que tu n’avais pas six ans, qu’elle était astringente l’amertume. Tu te souviens comme tu faisais la grimace ? Oui, l’amertume, c’est difficile au début, et puis ça surprend.

Mais après des litres et des litres d’immonde despé, avalés sur une période de plusieurs années, tu t’en souviens comme tu l’as appréciée la première gorgée de bière, la première qui a compté ? Ça n’était que de la Heineken, mais malgré tout, son amertume faiblarde, t’en souviens-tu comme elle t’a désaltéré au milieu de cet été à Athènes ?

Et quand elle t’a dit que cette nuit là, si tu étais passé à l’attaque, elle se serait donnée, t’en rappelles-tu de l’amertume qui te remplit, alors que le souvenir de cette nuit t’envahit, où dormant avec elle dans tes bras, tu n’as rien tenté, parce qu’une heure encore avant, elle te disait que non, elle ne voulait être rien de plus qu’une amie.

L’amertume et moi, c’est toute une histoire. Tout d’abord parce que cette saveur si particulière, si étrange aux sens, dont on ne sait jamais à l’avance si elle sera agréablement rafraichissante, ou au contraire, si elle nous arrachera les papilles en une torture sans nom. Et puis ces quatre dernières années, l’amertume et moi, c’était plus qu’une simple question de goût, c’était une way-of-life, c’était le sentiment dominant, celui qui pilotait toutes mes actions, et celui qui pilote encore (parfois, seulement parfois) dans mes prises de décisions, tant je me suis senti ravagé par divers évènements.

Gin & Tonic

Blue Lagoon

Americano

Chose

Picon Bière

Kilkenny


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