Ministère des Affaires Populaires – Debout Là D’dans !

En fouillant dans des vieux papiers, je viens de retrouver une chronique, initialement destinée au chapitre 3, que j’avais rédigée à la main pendant l’été 2008, alors que je travaillais dans une maison de retraite en Corrèze et que je n’avais rien pour me distraire que des CDs, des vinyles et la campagne à fendre du soir au matin pendant mes jours de congés. Je vous la livre telle quelle, sans en changer une virgule.

On ouvre l’enveloppe qui vient de chez Am****.com (toi, moi, on sait de quoi il s’agit, mais je floute, comme ça, pour craner). Le contenu glisse: des stickers, des flyers, une facture et deux disques, dont celui qui nous intéresse: Debout Là D’dans par le Ministère des Affaires Populaires, un bon groupe de Hip-Hop qui vient de Lille-Roubaix-Tourcoing et signé chez Pias (très bon label, je vous recommande les artistes qui viennent de chez eux, notamment, mais sans s’y limiter, Tom Waits). Un logo de type Parental Advisory Explicit Lyrics mais en fait MAP, Méfi Teu, Ch’ti Lyrics. Bon artwork sur la pochette donc. J’ouvre la boite, glisse le disque dans le lecteur et on passe à la chronique proprement dite.

Le disque s’ouvre sur Il Était Une Fois, introduction parlée, présentation sur fond d’auto dérision. S’enchaîne alors Balle Populaire, présentation rapée sur l’air d’accordéon et de violon caractéristique du groupe. Faut que ça bouge, le MAP s’engage et le crie haut et fort. Fin du morceau. Arrive Lillot, que je verrais bien en hymne officieux, non pas de la ville de Lille, mais des Lillois et des Nordistes en général. Pas mal de critiques sur la ville, ceux qui la dirigent et ceux qui l’habitent, mais comme ils le chantent « finalement, qu’est-ce qu’on est bien à s’barraque ». Ensuite, suit Debout Là D’dans, éponyme, qui constitue avec les deux précédentes un des trois grands titres du crew (pas les meilleurs de l’album cependant). Retour en arrière, avant ce mois de mai 2007: ça sent l’anti-sarkozysme à plein nez et c’est rafraichissant. On quitte la rage pour l’histoire. Manich Mena (je ne suis pas d’ici), histoire de celui qui n’a jamais vu le bled mais n’est pas complètement français non plus. L’histoire d’un arbre sans racines. Après ça, arrive Nos Affaires, le premier titre avec un guest. UNE guest en fait: la chanteuse Samyra. Une ode à ceux qui vivent sans écouter les langues de vipère. Clap de fin, morceau suivant: Avancer, avancer au mépris des obstacles et des batons dans les roues. Bien joué man ! Ensuite, Torture Academy, un prélude parlé au morceau suivant: Donnez Nous, qui expose le mépris des médias racoleurs, des grandes majors qui nous sortent la même soupe depuis 20 ans, ou encore de la malbouffe et de son poulet aux hormones. Après ça arrive En haut de l’Affiche, l’histoire d’un gars qui a des aspirations un peu hautes et des désillusions violentes, mais qui jamais ne s’arrête et continue de persévérer. Il y ensuite Bagdad By Night, un petit interlude musical. L’accordéon, rejoint par le violon, se lâche, sur une sobre mélopée aux consonances mi-tziganes, mi-orientales avant de laisser la place au bruits des armes. Parfaite introduction à Shéhérazade. Ce morceau là, est une version moderne et pessimiste de l’histoire de la belle Shéhérazade qui conta, mille et une nuits durant, autant d’histoire pour retarder le moment de sa mise à mort. Le morceau suivant est un autre featuring, avec Axiom, un rappeur qui a sa petite célébrité dans l’agglomération lilloise mais que je ne suis pas particulièrement. Il s’appelle Je Ne Suis Pas Un Numéro et tout est dans le titre. On arrive à la fin de l’album, tout doucement. Le morceau suivant s’intitule Elle Est Belle La France et dresse un constat assez pessimiste de notre république, de son histoire et de son héritage. Vient ensuite Fallait Pas Nous Inviter, le classique morceau ego-trip très très chouette. L’album se termine donc sur Si C’Était Le Dernier, parce que jamais deux sans trois (je parle des featurings là, en l’occurrence avec Leone).

Bon, on a revu l’album dans son intégralité, un album rafraichissant et perturbant en même temps, dont la moindre rime est lourde de l’engagement et du message qu’elle porte. Le groupe est assez atypique dans le genre hip-hop pour les instruments qu’il utilise: violon et accordéon, qui collent assez bien à l’identité lilloise revendiquée. Si je devais choisir trois pistes (et seulement trois), je pense que ce serait Debout La D’dans, Manich Mena et pour finir, Sheherazade.

C’était Tonio…ReinezHerz qui reprend la plume jusqu’au prochain guest, en direct des Considérations Sans Importances, en bits et en pixels dans ton lecteur de flux RSS


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