Archives mensuelles : janvier 2010

Ma relation au handicap

/!\ Pur article Ma gueule et moi /!\

J’suis énervé, WordPress m’a fait une sauvegarde automatique de mon méchant article sur LOPPSI (bien engagé et énervé, mais un peu didactique quand même, parce que malgré tout, THX-1138 et 1984 sont très proches et ça me fait un peu flipper) et au moment de valider, il a posté la sauvegarde au lieu e l’article rédigé et mis en forme, il m’a posté la vieille sauvegarde et plus moyen de retrouver l’article dans mes archives. Alors pour la peine, je vais vous parler de ma gueule. Et tant pis pour ceux à qui ça déplait, je les emmerde sévèrement, fallait pas lire mon blog, parce qu’en définitive, il n’est jamais qu’un réceptacle de mes pensées égocentriques.

Ceux qui me connaissent personnellement savent que des fois j’ai du mal à me lever, à marcher, à enfiler mon manteau, voire à écrire parfois (il y a pleins d’autres trucs, mais c’est plus discret). Non, ça n’est pas de la flemme. Non, ça n’est pas une blessure. J’ai juste été béni par la grande fée généticienne de l’espèce humaine. La salope m’a gratifié d’une jolie myopathie. Enfin, dans mon malheur, j’ai de la chance, puisque je n’ai pas eu le privilège d’avoir la myopathie de Duchenne. Ergo, sauf si je fais le con à ski ou en moto, en gros, sauf en cas d’accident, je pourrais vivre ma vie ailleurs que dans un fauteuil roulant. Me demandez pas le nom de ma myopathie, il est à rallonge et je l’ai oublié.

Comment ça se manifeste ?

  • Musculature pseudo-herculéenne: De fait, si mon physique est courant chez les sportifs, chez quelqu’un qui a mon activité sportive, il est plutôt impressionnant. Épaules larges, bras et jambes carrément épais, cou surdimensionné… Mais ça, je m’en plains pas :-p
  • Canalopathie chlore: Si vous avez suivi un minimum vos cours de bio, vous savez que la transmission de l’influx nerveux se fait par échange d’ions chargés électriquement entre les cellules. Ben en gros, chez moi, l’ion chlore a du mal à se frayer un passage entre les synapses nerveux et les muscles. Donc l’influx lié au canal chloré passe mal chez moi. Et manque de bol, il est genre plutôt essentiel dans le contrôle musculaire. Il commande le signal de décontraction (heureusement il n’est pas le seul…). Ça explique aussi le point précédent, vu que mes muscles sont dans état de perpétuelle contraction. Et ça induit aussi des tremblements dans les extrémités, genre mes doigts
  • Crampes à répétition: Les plus embêtantes sont celles dans les mains et les avant-bras, puisqu’elles m’empêche d’écrire correctement et aussi dans le diaphragme, parce que pour respirer, je vous raconte pas la galère. Les plus douloureuses se situent dans les muscles laryngés, les muscles abdominaux et aussi dans les cuisses. Celles là, elles me font très mal
  • Engourdissement perpétuel: je suis dans un état constant d’engourdissement quand je reste sans bouger quelques temps. C’est chiant et ça se remarque, et j’ai rien que l’air d’une vieille feignasse et c’est gonflant. Le plus marrant, enfin, façon de parler, c’est que ce phénomène est aggravé par le froid. En gros, si j’arrive pas en avance en cours le matin en hiver, eh ben je suis bon pour perdre les 5 premières minutes du cours parce que je n’arrive pas à prendre de notes. C’est trop feune.

Un détail amusant, c’est que ce « handicap » est temporaire. En effet, dès que je suis « chauffé », je fais tout bien comme tout le monde. C’est un peu comme si mère nature avait voulu me faire une blague en disant « Tiens, et si à ce petit gars, au lieu de lui mettre un moteur électrique qui part au quart de tour comme je le fais d’habitude, je testais le moteur diesel ? » Inutile de dire que je n’apprécie que moyennement la blague à sa juste valeur.

Bon, quand je relativise, il me semble parfois un peu fort de parler de handicap. En effet comme je l’ai dit, je ne suis pas en fauteuil roulant, je n’ai pas besoin d’une tierce personne pour m’assister, je ne me trimballe pas avec une canne blanche. Mais le terme handicap me parait adapté, puisque cette maladie m’interdit de nombreuses carrières. Je ne serais pas sportif de haut niveau, je ne serais pas militaire (et ça, ça me désole, j’aurais adoré être marin), je ne travaillerais pas de mes mains (ça aussi ça me désole parfois). Une autre chance que j’ai eu c’est que cet état de fait chez moi, m’est naturel. Autrement dit, je n’ai rien connu d’autre depuis ma naissance, même si la maladie n’a été diagnostiquée que récemment (premier semestre 2006). Je n’ai donc jamais envisagé sérieusement la carrière de sportif de haut niveau par exemple, car je n’ai que rarement pris de plaisir à faire du sport. Cela dit, j’en fais. Ma proximité avec les montagnes et mon statut d’étudiant me permettent de skier à des prix ridiculement bas (10€ la journée, forfait + transport), il m’arrive d’aller faire un footing (bon, de plus en plus rarement), je ne l’ai pas fait depuis longtemps mais il y a deux ans encore, je nageais mon kilomètre au moins une fois par semaine, je marche (je ne me déplace quasiment qu’à pied, parfois à vélo), parfois longtemps (randonnées sur deux ou trois jours) et à chaque fois j’en tire un grand plaisir. Mais c’est également à chaque fois un effort important, plus important que pour la moyenne des personnes et je dois me motiver à chaque fois, ce qui explique a rareté des dits efforts.

Alors parler de handicap quand je vis normalement, c’est peut être un peu exagéré, je veux bien le reconnaître. D’ailleurs en toute franchise, je n’ai jamais dit à qui que ce soit que je ne pouvais pas faire quelque chose parce que j’étais handicapé. Parfois je me suis expliqué en demandant un délai de cinq minutes pour me chauffer. Parler de handicap est aussi exagéré dans le sens où il est relativement discret. À moins de vivre à mes côtés (parents, coloc’, voisins, potes de promos et amis proches) on ne le remarque que peu ou pas et à la limite, on peut le prendre pour une blessure fortuite ou une douleur passagère du genre « tiens, il a mal à la jambe »

Côté traitements, le ciel n’est pas tout rose. J’ai eu un traitement à base de Tegretol® (principe actif: la carbamazépine), à la base un anti-épileptique mais qui a tellement d’effets secondaires qu’on l’utilise aussi dans le traitement des neuropathies et des myopathie. Seulement voilà, la carbamazépine a tellement d’effets secondaires que je n’ai pas réussi à supporter le traitement. Un des effets secondaires de cette molécule est qu’elle provoque de l’hypotension, qui se traduit par des vertiges passagers, voire persistants et dans les cas extrêmes, par des pertes de connaissance. De fait, mon neurologue prévoyait une montée en puissance progressive du traitement. Commencer à 100 mg par jour et augmenter les doses progressivement (par tranche de 100mg supplémentaires par semaine) jusqu’à 1 voire 1,5 grammes par jours. À 100 mg, j’avais des vertiges très passagers. À 200, ils sont suffisamment ennuyeux pour que ma généraliste prescrive des hyper-tenseurs en sus. À 400, j’ai décidé d’arrêter le traitement soit au bout d’un mois à peine (en réalité, plus longtemps que ça, parce que je n’étais pas toujours très assidu dans son suivi, mea culpa). Parvenant à vivre sans soucis sans traitement, mon neurologue a décidé de ne rien me prescrire à la place. Apparemment la seule autre alternative seraient les thérapies du type génique (à savoir, provoquer des mutations cellulaires de manière à ce que le gène incriminé ne s’exprime plus). Premièrement je suis moyennement chaud pour devenir un OGM et deuxièmement, ce genre de traitement n’est pas encore complètement au point. La maladie étant très rare (donc de peu d’intérêt pour les laboratoires) je doute qu’il le soit avant que je puisse en profiter.

Alors puis-je parler de handicap dans mon cas précis ? Pas exactement, mais c’est le terme qui s’en rapproche le plus. Comment est-ce que je le vis ? Plutôt bien en fait. Est-ce que je maudis mère nature ? Ça m’arrive mais pas tous les jours…


Les oubliés de la décennie

Je voulais revenir sur le Top 10 de la décennie que j’ai posté Jeudi.

En effet, construire un classement musical d’une telle envergure (choisir seulement dix albums sur seulement dix ans) n’a pas été super facile et il y a de nombreux oubliés qui méritaient d’en faire partie. Voici donc certains que j’aimerais citer en vrac et dans le désordre:

Is There Anybody Out There ? The Wall Live 1980-81 (Pink Floyd)

Cet album du Floyd est le live de la tournée de l’album The Wall. Tournée assez ironique en soi, je vous en laisse juge: Jouer en concert un album écrit pour, entre autres, exprimer votre dégout de vos propres concerts. Mais enfin. Cet album est sorti en 2000 et se qualifiait donc très bien pour ce classement, mais des indices ça et là sur le net m’ont conduit à penser qu’il était déjà sorti dans les années 1980, même si on n’en trouve aucune trace sur Wikipedia, sur nombres de sites de fans, ou encore même dans le livre de Nick Mason qui constitue LA référence à propos du groupe. Peut être en Bootleg, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, ces doutes m’ont conduit à éjecter cet album du classement (better safe than sorry) qui s’était hissé à la seconde place avant que ne surviennent les doutes en question. Cet album, le dernier du Floyd, est constitué des pistes de The Wall en live, et uniquement des pistes de The Wall (incluant cependant diverses pistes écrites pour lui mais coupées au montage). Il est infiniment mieux que l’album original, tout simplement parce que c’est le même, en live. C’est l’album qui m’a fait re-aimer le Mur après que celui-ci soit férocement descendu dans mon estime après que je me sois intéressé au reste de la discographie du groupe. En effet, sans attendre les sommet de médiocrité de The Final Cut, sorte de complément à celui-ci sur la base du film, The Wall n’est pas, et de loin, un des meilleurs albums du Floyd, alors que Is There… fait indubitablement partie du quinté gagnant avec Delicate Sound of Thunder, Animals, Wish You Were Here et Dark Side of the Moon (ex-æquo avec A Momentary Lapse of Reason).

Debout La D’dans (Ministère des Affaires Populaires

Le premier album du M.A.P. fera date dans l’histoire du hip-hop francophone, ne serait-ce que pas une seule piste n’est gangsta-like comme on en trouve beaucoup trop dans le rap FR ou US de nos jours. Ensuite, les textes, les identités nationales et régionales qui en ressortent, ainsi que les choix instrumentaux, font que cet album est une pure merveille. Une plume comparable à celle d’Akh (IAM), des reprises magnifiques (pas sur l’album, pity…), le MAP ne figure pas dans le classement, non pas parce qu’il ne le mérite pas, mais parce que d’autres le méritent plus.

Des Visages Des Figures (Noir Désir)

Le dernier Noir Dés’, sorti en 2001 entamait très fort la décennie, avec un album tout en douceur par rapport aux précédents, aux textes beaucoup plus aboutis et beaucoup plus matures (et rien que ça, c’est un exploit…) Des visages et des figures a bien failli le faire dans ce classement et c’est avec lui qu’un petit merdeux comme moi les a découvert à l’age de même pas 13 ans.

Hullabaloo (Muse)

Le double album Hullabaloo de Muse est lui aussi un des meilleurs de la décennie, et sans aucun doute le meilleur album du groupe, toutes catégories confondues. Il se compose d’un disque studio, compilation de B-sides déjà sorties sur des singles mais pas sur les albums, ainsi que d’un disque live, tout juste postérieur au très bon Origin of Symmetry dont il reprend une bonne partie des titres. Cet album est assez méconnu (quoique, pas par les fans) en raison de son contenu, quasiment, sinon aucune piste originale, de sa date de sortie, juste après Origin… et du contexte de la sortie, le groupe tout juste à avoir du succès commercialement et n’était pas (encore) la machine de guerre qu’on connait aujourd’hui.

Black Cat Bone (Lee Rocker)

Black Cat Bone est le dernier album solo de Lee Rocker, sorti en 2007. Si vous ne savez pas qui est Lee Rocker, c’est un (contre-)bassiste qui a joué pour de divers groupes dont, entre autres, The Stray Cats, Phantom Rocker & Slick, The Tomcats, The Swing Cats… C’est un concentré de rockabilly sauvage et déjanté qui reprend tous les thèmes chers au rock’n’roll des origines comme les filles, la jeunesse, la vie d’artiste, la bagarre, l’alcool, le sexe, ainsi que cette touche de musique noire qui fait retrouver des chansons parlant d’exclavage (Sold Us Down The River) ou encore la fatalité (Sometimes You Win).


Le Top de la Décennie

Moi je lis souvent C’est La Gêne, et à C’est La Gêne ils aiment bien les classements, surtout en ce début de décennie ou ils aiment bien classer tous les trucs de la décennie passée.

Moi mon classement à moi que je vous propose, c’est rien de moins que le même genre de classement que celui de l’Arabe qui nous proposait, en gros, son Top 10 musical de la décennie. Et je dois avouer qu’il a bon goût. Quoique, mettre les Strokes à la première place…

Donc c’est parti, on y va, pour les dix meilleurs albums sortis entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2009

10. Mer de Noms (A Perfect Circle)

Sorti courant 2000, Mer De Noms est une pure tuerie. Très peu d’albums (toutes époques confondues) atteignent un tel niveau de qualité artistique. Mer De Noms, c’est un rock atmosphérique un peu lourd, flirtant avec le métal d’un Gathering ou le gothique lancinant d’un Type O Negative. En écoutant cet album, on est tout de suite transporté vers un autre univers, et Mer de Noms est un album qu’il est très difficile voire incongru d’utiliser en fond sonore. Cet album s’écoute pleinement. À une époque où peu de groupes tentent de prendre le chemin de la nouveauté, se contentant de ne prendre que la voie du déjà connu, déjà entendu, bien évidemment moins risquée sur un plan commercial, la perfection artistique de Mer de Noms est rafraichissante, voire rassurante: il y a encore des musiciens qui font de la musique pour la musique.

9. Down In The City (Houdini Roadshow)

Houdini Roadshow si tu veux c’est un petit groupe de rock allemand qui chante en anglais. C’est musclé, très musclé. Un peu comme si Motörhead lâchait ses guitares grasses pour revenir à un truc un peu plus sec et classique comme euh…le jeu d’un AC/DC d’avant 1980 mais que Lemmy continuait de bouffer son micro, tourné en direction du ciel, comme si le Seigneur en personne était devant lui et qu’il fallait chanter en son honneur. Voilà, Down In The City, c’est un peu tout ça et ça nique tout. Ça a failli ne pas le faire jusqu’à la neuvième place de ce que je considère comme les 10 meilleurs albums de la décennie. Et comme ça vient de Jamendo, ça peut se télécharger intégralement pour pas un rond en allant sur la page de l’album. Cet album est une révolution en soi, en ce fait qu’il fait partie de cette catégorie que l’on appelle la musique libre, qui est probablement la voie vers laquelle se tourne la musique. De plus en plus de musiciens, même célèbres (Nine Inch Nails, Radiohead…) se tournent vers ce mode de distribution qui, sans renier la propriété intellectuelle, se dirigent vers un modèle culturel où le fond (la musique et la chanson elle-même) serait gratuit et où la forme (un CD, un vinyle, un concert) serait payante. À suivre…

8. Speak For Yourself (Imogen Heap)

Bien avant Émilie Simon et son prétendu renouveau de la musique électronique, on avait Imogen Heap. Immi, comme les fans la surnomment, sort son premier album en 1998 et il a fallu attendre plus de huit ans pour voir arriver Speak For Yourself en 2006, qui est un petit épisode de blitzkrieg musical lui aussi. Nous autres fans attendions Imogen au tournant et inutile de dire qu’elle n’a déçu personne. La trame principale de cet album est assez douce, presque enfantine, rien avoir avec le relativement (par rapport au reste de sa disco) musclé Végétal d’Émilie S. par exemple. Mais ça n’est que la trame d’ensemble et on a régulièrement des pics d’adrénaline avec déchainement de percussions et de vocoder. Imogen Heap, vous la connaissez sûrement de toutes façons, c’est la voix (mais pas que) du groupe Frou Frou qui a, entre autres, repris le Holding Out For a Hero de Bonnie Tyler pour le générique de fin de Shrek 2. En 2009, le dernier album d’Immi, Ellipse, est sorti et sans être décevant non plus, il n’était pas à la hauteur de son prédécesseur.

7. Birdy Nam Nam (Birdy Nam Nam)

Le Quatuor Birdy Nam Nam s’est formé sur la base du Collectif Scratch Action Hero, qui avait été deux fois (1999 et 2001) troisième aux championnats du monde des DJ’s du concours DMC. Le Groupe se forme pour les championnats 2002 avec pour objectif principal d’être premier cette fois ci et deinez quoi ? Pari réussi ! Birdy Nam Nam c’est quatre DJ’s qui utilisent leurs platines et des samples issus de disques vinyles pour faire de la musique. Je me répète je me répète, mais c’est une tuerie. Je vais changer un peu: c’est énormissime. Leur premier album, sobrement intitulé Birdy Nam Nam, comme eux, est un vrai Medley fourre-tout sans lien apparent. On a de rares titres dancefloor (pour ça, leur dernier album, Manual For Successful Rioting, sorti en 2009, serait plus efficace), quelques titres Jazzy, des machins un peu lounge, mais surtout, surtout, on a le chef d’œuvre Abbesses ! Comme toujours avec un morceau instrumental, on peut voir beaucoup de choses, mais je vous jure que pour un voyage dans le métro parisien, je ne prendrais aucune autre bande son… Birdy Nam Nam a remis les différentes techniques de Turntablism au goût du jour et surtout, à vraiment changé l’aspect de la musique électronique en France.

6. Murray Street (Sonic Youth)

Sorti en 2002, Murray Street est un album très très soft comparé au reste de la production du groupe. On pourrait presque dire « pisse froid » à la première écoute. Mais en réécoutant la galette de pile poile trois quarts d’heure, on se rend compte assez vite qu’on se rapproche très très fort, sans l’atteindre cependant, du chef-d’œuvre de 1988: Daydream Nation, qui a dû être réédité en 1994 et en 2007. Les voix sont lancinantes, les fameuses guitares préparées se trainent en longueur, jusqu’à des montées en puissances phénoménales sur certaines pistes et je me souviens que l’ensemble a constitué une très bonne ambiance musicale lors de la lecture du Second Livre de la Jungle de Kipling (Aujourd’hui encore, l’ensemble est indissociable dans mon esprit). Sonic Youth a sorti plusieurs album depuis. Sonic Nurse en 2004, qui n’apparait que comme une suite un peu décevante à Murray Street dans sa composition et Rather Ripped en 2006, qui n’arrive pas à faire son chemin jusqu’à ce top 10. Le seul qui aurait peut être pu y avoir sa place est The Eternal (2009) mais à l’heure où j’écris ces lignes, le vinyle que j’ai commandé trace encore sa route entre les différents grossistes, importateurs, et mon revendeur, ce qui fait que je ne l’ai pas encore écouté. En tout cas, ce disque constitue une merveilleuse introduction au monde déjanté de Sonic Youth qui sont, faut-il le rappeler, les mecs qui ont placé Nirvana sur le devant de la scène.

5. Mutter (Rammstein)

Sorti en 2001, Mutter est le troisième album du groupe allemand, et sans aucun doute, le meilleur. Pour la petite histoire, Mutter, c’est l’album qui m’a converti à Rammstein  mais aussi au métal (bon, okay, avec le S&M de Metallica aussi, mais surtout Mutter). Cet album est une pure merveille. Avec lui, le groupe atteint une certaine maturité. Comme toujours, les textes sont à double, voire à triple sens (oui, je comprends le teuton et les paroles de Rammstein, forcément, une prof d’allemand fan du groupe, ça aide), mais gagnent en subtilité et en profondeur par rapport aux premiers albums, commençant à s’inspirer de Goethe, ce qui sera confirmé par l’album suivant, Reise Reise. La musique elle aussi se fait plus subtile sur certaines pistes tout en sachant garder cette belle dose de bourrinisme aveugle qui est la marque de fabrique du groupe, notamment sur Links 2 3 4, sur Feueur Frei ! ou encore sur Zwitter, chansons qui, à l’exception de la première, voulue par le groupe comme une réponse définitive à ceux qui l’accusaient de néo-nazisme, ne sont pas particulièrement subtiles ni dans le texte ni dans la musique. Mutter est un monument de musique en général et de musique industrielle en particulier, un album que je considère comme particulièrement indispensable dès qu’on apprécie un tant soit peu les guitares grasses enrichies à l’huile de moteur high viscosity du groupe et la voix caverneuse de Till Lindemann, le chanteur et principal auteur du groupe.

4. St. Elsewhere (Gnarls Barkley)

Souvenez vous en 2006, un groupe dont on n’avait jamais entendu parler avant débarque avec son single Crazy et casse la baraque, la démolissant brique par brique avant de la reconstruire à sa convenance. La coalition du Producteur Danger Mouse et du chanteur Cee-Lo Green à la voix soul, funky, d’une chaleur inimitable. Alors que le groupe ne s’attendait qu’à un maigre succès, l’album atteint la première place des charts britanniques avant même sa sortie dans les bacs grâce à la pré-release sur internet. Toutefois, les ventes ne sont pas nécessairement un indicateur de qualité. L’album en lui même est un grand moment de soul mêlé de hip-hop et de funk, le tout savamment dosé à coup de console de mixage électronique, pour finalement aboutir à ce que l’on connait: St. Elsewhere. L’album est une petite révolution dans le monde de la Black Music et on le comprend assez facilement. La qualité de la production est nickel, les paroles et les clips psychédéliques à souhait et le succès, tant critique que commercial, indéniable.

3. Bleu Pétrole (Alain Bashung)

Le regretté Alain n’aura pas tellement eu le temps de profiter de cet album. Atteint d’un cancer du poumon pendant l’enregistrement, il décèdera presque un an, jour pour jour, après la sortie de Bleu Pétrole (Sorti le 24 mars 2008, Bashung meurt le 14 mars 2009). On se souvient de Fantaisie Militaire en 1998, un véritable condensé de musique et de texte d’une poésie confinant à l’absurde et au jeu de mot, et bien Bleu Pétrole, dix ans après, réédite l’exploit. Bashung revient avec ce mélange de pop-rock et de chanson française à texte qui avait fait son succès dans les années 90’s, notamment avec le merveilleux Chatterton, s’offrant les services d’auteurs et de musiciens tels que Gaétan Roussel (Louise Attaque, Tarmac) ou encore Gérard Manset. Avec cet album, Bashung est parti sur un coup d’éclat, nous abandonnant, presque sournoisement, comme une mauvaise blague faite à ses fans: les forcer à attendre pour l’éternité un successeur à cette galette exceptionnelle à tous points de vue. Allez, so long Alain, et s’il y a un delà, j’espère que de là bas tu nous vois désespérer et que ça te fait bien marrer.

2. Discovery (Daft Punk)

Ben ouais, je fais rien qu’à copier sur l’Arabe. Mais il a drôlement raison. Sorti en 2001 (putain, ça fait déjà neuf ans) Discovery est un des grands albums de cette décennie. À l’époque j’étais en cinquième, et plutôt asocial, je n’ai donc pas connu ce dont il parle en disant qu’on a tous dansé sur au moins un des morceaux de l’album. Par contre, il a raison, on connait tous toutes les chansons de l’album. Il a raison encore quand il dit qu’il y a eu un avant et un après Daft Punk. Moi l’avant, c’est quand j’avais rejeté le rap en bloc et ne jurait que par le rock et encore, même pas des trucs récents. Mon univers c’était Téléphone, Trust et, euh… pas grand chose d’autre. Après Discovery, j’ai eu ma première ouverture, je me suis un peu élargi à tout ce qui était électronique. Et quand j’y pense, il a raison ce gros connard, j’ai dansé sur du Daft Punk. Ben ouais, dix ans après, on a tellement pas fait mieux que ça passe régulièrement en boite ce machin là. Discovery c’est un concept album superbement ficelé avec en plus le film qui va bien avec et dont on a tous vu au moins des extraits.

Si vous êtes arrivés jusqu’ici et que vous vous êtes farci tout mon blabla incessant et inconsidéré, voire même péremptoire, chapeau à vous, je ne vous fait pas attendre plus longtemps, et je vous offre le Number Ouane, le champion toute catégorie, j’ai nommé le meilleur album de la décennie 00’s. Et sans grande surprise quand on me connait, le gagnant est…

Orphans: Brawlers, Bawlers & Bastards (Tom Waits)

À l’époque, parmi les premiers articles du chapitre 3, j’avais honteusement pompé une chronique des inrockuptibles (oui, je lisais ce torchon en ce temps là, et j’en lisais d’autres que si je vous disais les noms, vous me retireriez toute crédibilité pour parler culture en général et musique en particulier) que j’avais reproduit dans le blog (sans avoir pour autant le culot de m’en approprier la paternité) et que vous pouvez (re)lire si ça vous chante. Orphans, c’est trois disques intitulés (on n’avait pas deviné) Brawlers (bagarreurs), Bawlers (brailleurs) et enfin, Bastards. Orphans c’est 56 chansons. Sorti en 2006, il a été réédité en 2009 au format vinyle dans un coffret contenant pas moins de sept disques 33 RPM (six pour l’album original, et un en bonus) que vous pouvez acheter ici pour l’exorbitante somme de £ 109.00 (pour mémoire, le CD ne m’a pas couté plus de 25€).

Orphans, c’est un voyage à travers la chanson américaine et les trois disques sont à peine suffisants pour capturer l’incroyable diversité et la puissance surhumaine de la voix du Tom Waits de ces vingt dernières années. Contrairement à ce que peut annoncer le volume de la bête, il ne s’agit en aucune façon d’un best-of et toutes les chansons sont inédites, même si certaines ont été enregistrées il y a de ça bien longtemps et laissées de côté depuis. Chacun des trois disques propose une ambiance différente, ils ont été montés et mixés indépendamment et auraient sans problème sortir indépendamment, ça n’aurait choqué personne tant leur hétérogénéité est grande. Une preuve de plus s’il en faut, que Tom Waits ne se fout pas de la gueule de ses fans quand on sait que le prix payé pour ce coffret (au moins dans son édition de base) est inférieur à celui de deux albums classés « nouveautés ».

Brawlers c’est un album musclé, avec la voix de Tom Waits presque en arrière plan, et comme beuglée dans un mégaphone à dix mètres du micro. L’alcool et le tabac qui l’ont ravagée font payer un lourd tribut à celui qui a commencé plutôt comme Crooner, mais lui s’en sert comme d’une grande force plutôt que comme d’une faiblesse. On retrouve beaucoup de ce qui avait fait le succès, en 1999 de Mule Variations. On y trouvera entre autres The Return of Jackie & Judy, une reprise des Ramones qui n’a rien à envier à l’originale, et aurait même plutôt tendance à la faire passer pour une chorale d’enfants de chœurs, ou encore une reprise torturée de Sea of Love, un vieux classique de 1959 dont l’original est de Phil Phillips, originellement enregistrée pour la bande originale du film éponyme en 1989.

Bawlers est un album plus doux, rempli de balades diverses et variées. La voix de vieux rocker alcoolique se transforme alors en une version douce d’une voix de vieux grand père fatigué qui chanterait son amour à sa femme. À l’exception de Little Drop of Poison qu’on retrouve dans Shrek 2 (tiens, à nouveau), l’ensemble est d’une douceur sans égale

Bastards enfin est un peu un fourre-tout pour tout ce qui n’avait pas sa place ailleurs, ce que laisse présager le titres: « bâtards ». On trouvera entre autres des petites histoires parlées, des chansons étranges sur l’air de Comme d’habitude et d’autres bizarreries du genre

Voilà, c’était mon Top 10. Pour mémoire je vous le recopie ici:

  1. Tom Waits – Orphans: Brawlers, Bawlers & Bastards
  2. Daft Punk – Discovery
  3. Alain Bashung – Bleu Pétrole
  4. Gnarls Barkley – St. Elsewhere
  5. Rammstein – Mutter
  6. Sonic Youth – Murray Street
  7. Birdy Nam Nam – Birdy Nam Nam
  8. Imogen Heap – Speak For Yourself
  9. Houdini Roadshow – Down In The City
  10. A Perfect Circle – Mer de Noms

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