Archives mensuelles : février 2011

L’Origine du Monde est pornographique

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L‘Origine du Monde est un tableau du peintre Gustave Courbet, qui aurait été commandé en 1866 par un diplomate turc qui aimait les tableaux érotiques. Il s’agit d’une œuvre d’art magnifique je trouve, d’un érotisme puissant et dont le titre lui va assez bien.

Malgré tout, il n’en s’agit pas moins de pornographie. De la pornographie la plus pure, la plus excitante, la plus parfaite. Je m’explique.

Ce qui nous sépare ici est le sens que l’on donne au mot pornographie. Pornografie, was is es ? Le sens que l’on donne à la pornographie d’aujourd’hui n’est pas le même qu’on a pu lui donner par le passé. Aujourd’hui, on pense au gonzo, aux filles et aux mecs se prenant du foutre par tous les orifices. L’image d’une jeune femme en sous-vêtement est à peine considérée comme érotique.

Mais la pornographie ça n’est pas ça. La pornographie c’est la représentation de l’obscène, de ce qui choque. Le terme, de part son étymologie (πόρνη, prostituée; γράφω, qu’on traduit ici par représenter), est explicite sur sa connotation sexuelle. La pornographie, c’est la représentation du sexe. Mais elle ne s’applique pas qu’aux images, ou aux écrits: on a accusé en leurs temps les Beatles ou encore Elvis Presley de faire de la pornography. Et en toute sincérité, il suffit de lire leurs textes pour comprendre que le terme était justifié. Le déhanché d’Elvis Presley est lui aussi très érotique.

La pornograhie c’est donc la représentation du sexe de façon obscène. Mais qu’est-ce que l’obscénité, sinon une notion subjective ? La définition de la pornographie étant basée sur une notion subjective, on ne peut donc que se résigner, pour la définir objectivement, à la définir que comme la représentation du sexe, de la sexualité. Point. Il n’y a pas une sort d’échelle de représentation de la sexualité allant du neutre à l’érotisme et à la pornographie.

Le film rose du dimanche soir sûr M6 était pornographique. Pas du porno hard core, mais de la pornogaphie. Il y a de la belle pornogaphie, il y a de l’art pornographique, et puis il y a de la baise mécanique, du gonzo crade. Tout cela est pornographique.

On peut choisir de ne voir dans l’Origine du Monde qu’une chatte, poilue, une représentation sale et dégradante du sexe féminin et l’appeler pornographie en lui donnant le sens qu’on donne aujourd’hui à ce mot.

On peut au contraire y voir la beauté d’un con, la puissance érotique et subversive de la représentation du sexe féminin associé au nom du tableau: l’Origine du Monde. Et ce tableau mérite alors encore plus d’être qualifié de pornographique. Comme Presley en son temps. Comme Baudelaire et Apollinaire avant lui. Comme Sade encore avant.


Méluche et les journalistes.

J’aime pas trop Mélenchon. Parce que c’est un gauchiste et que c’est le président fondateur du Parti Gauchiste dont le seul programme politique concret est de couper l’herbe sous le pied du mien, de parti. Mais enfin, aujourd’hui, c’est un peu lui que je vais défendre. Contre les méchants journalistes.

Parce que bon, depuis un moment, il s’en prend plein la gueule ce pauvre Méluche face aux journaleux. J’ai remarqué une certaine tendance à le faire passer pour une espèce de Le Pen de gauche avec tout ce que ça implique. Alors que franchement, le peu d’idéologie qu’il défend n’a rien à voir avec les horreurs fasco-nationalistes proposées par le père et la fille. Je veux dire, Méluche, tu l’as jamais entendu dire que c’était du détail quoi.

En fait, Méluche, il a un souci, c’est qu’il est pas avenant. Il a tendance à attaquer avant d’être attaqué, souvent gratuitement, et souvent des journalistes. En même temps, j’ai pas trop envie de le blâmer, parce que les journalistes ne sont pas tendres avec lui, et pour des fausses raison. Je prend l’exemple de son débat avec Marine Le Pen ce matin par exemple. J’ai pas vu un seul commentaire sur ses idées (à part venant de @WebsternPS, et encore, je suis pas sûr que ça ne soit pas ironique), mais beaucoup de commentaires désobligeants sur sa gestuelle, ses similaritudes avec son adversaire, tant dans la forme que (et faut vraiment avoir rien compris à la politique pour écrire des horreurs pareilles) dans le fond.

Je veux dire, Méluche, tu peux l’accuser de beaucoup de choses, mais pas d’être un fasciste quoi.

Donc en fait, à force de se faire attaquer comme ça sur tout sauf sur son programme, je comprend qu’il en ait un peu marre des journalistes le Méluche. Parce qu’à part Le Pen sur son œil de verre et Sarkozy sur ses talonnettes, tu connais beaucoup de politiques qui s’en prennent la gueule comme ça ? Allez, Ségo et sa bravitude un peu peut être, mais voilà quoi, c’est tout.

Parce qu’au final, c’est pas en lui reprochant d’être fasciste parce qu’il chamboule un peu les journalistes (soyons francs, il est carrément infect) que tu le feras arrêter de les chambouler. Et il aurait même tort de s’en priver parce que des journalistes qui se comportent comme ça méritent d’être chamboulés. Ils ne méritent pas mieux que de se prendre le flot de bile de Méluche en pleine gueule. Parce que si toi même tu cèdes à la facilité, ne reproche pas à ton adversaire de le faire, c’est trop facile. Eh.. Wait… Nevermind…

Et sinon, rien à voir avec Méluche, mais tant qu’on en est à parler des journalistes, si, quand vous parlez des otages français dans le monde, vous pouviez parler un peu moins des otages journalistes, et un peu plus des otages pas journalistes, ça serait bien. Parce que là, vous avez vraiment l’air d’être les connards corporatistes que les politiques de tous bords vous accusent d’être en fait. C’était juste en passant hein.


Considération (pas tellement) sans importance

J’aime bien lire les blogs de Maître Éolas et de Maître Mo. Ce que j’ai fait ce matin. Just for the record, je ne suis pas juriste. Étant étudiant en Langues Étrangères Appliquées, j’ai des cours de droit, mais c’est très succinct.

Donc en lisant ces blogs ce matin, il m’est venue une réflexion. Du pinaillage, de l’enculade de mouche un peu, mais z’enfin.

L’article 5 du code civil proscrit, en France, ce qu’on appelle les arrêts de règlement.

Il est défendu aux juges de prononcer par voie de disposition générale et réglementaire sur les causes qui leur sont soumises.

En gros, il est strictement interdit aux juges de rendre des dicisions à portée générale. Une décision de justice ne peut en aucun cas faire matière de loi. Certes il y a la jurisprudence mais elle n’a qu’une valeur indicative. Cela vient, si j’ai bien compris, de la séparation des pouvoirs: au législateur le pouvoir de dire la loi, au juge le pouvoir de l’interpréter, à l’exécutif le pouvoir de l’appliquer. L’arrêt de règlement tenant lieu, sinon de loi, au moins de règlement, il ne respecte pas cette obligation de séparation, essentielle à la démocratie.

À tel point essentielle que l’article 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (celle de 1789, qui a valeur constitutionnelle aujourd’hui) dit que:

Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Or, les pays de droit anglo-saxon (au hasard comme ça, les Zitazinis d’Amirique) ne proscrivent généralement pas ces arrêts de règlement.

Mes questions sont donc les suivantes et s’il y a des juristes, des réponses seraient appréciées, voire des corrections dans mes approximations grossières.

Premièrement, si une modification du code civil abrogeait l’article 5, sans toutefois modifier en profondeur la façon dont son nommés les magistrats, cette obligation de séparation des pouvoirs serait-elle toujours respectée ? En gros, une telle abrogation serait-elle constitutionnelle ?

Deuxièmement, et seulement si la réponse à la précédente question est non, aux États-Unis, il me semble me souvenir que les juges ne sont pas nommés comme en France mais élus par les citoyens. Le fait qu’ils soient donc élus par le peuple légitime-t-il leur double pouvoir législatif et judiciaire ?

Troisièmement, et toujours si la réponse aux deux questions précédentes est non, puisqu’il n’existe pas de démocratie sans constitution, et qu’il n’existe pas de constitution sans séparation des pouvoirs, est-il possible de parler de démocratie dans le cas ou la loi autorise les juges à rendre des arrêtes de règlements. En gros, le droit français considère-t-il les États-Unis d’Amérique comme une démocratie ?


Saveurs multiples

Où il sera question de ma peur du partage…

[Illustrations #NSFW]

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Le blues de la page noire.

Vous la connaissez tous: l’angoisse de la page blanche.

Certains parmi vous ne l’ont plus rencontrée depuis leur baccalauréat et les interminables dissertes de philo, de français, d’histoire-géo…

D’autres la rencontrent plus souvent: les journalistes, les blogueurs, tous ceux qu’on voudrait nous faire croire “influents”, et, pire, tous ceux qui voudraient bien l’être, à coup de billets sponsorisés, à coup de tweets clash ravageurs, ils la connaissent tous.

Moi pas.

L’ange de la page blanche n’a plus déployé ses ailes sur moi depuis…depuis… Je ne sais même pas depuis quand je n’ai pas ressenti cette sensation que certains décrivent comme un vide désagréable. Je crois que je ne l’ai jamais ressentie. J’ai cette aisance avec les mots. J’arrive toujours à les utiliser à mon avantage. Quand j’en prend la peine ceci dit.

Moi je ne connais pas l’angoisse de la page blanche. J’ai la Peur de la page noire.

Elle me terrifie.

Je pense trop, trop vite, trop brouillon. Je n’arrive pas à organiser ma pensée. C’est le chaos qui règne en maître dans mon cortex cérébral. Le flot de mon inspiration est rapide, trop rapide. À tel point que je n’arrive pas à le suivre. Il part dans tous les sens, et mon écriture avec. Vous savez ce que disent certains auteurs: ils pensent à une phrase, et pendant qu’ils la mettent par écrit, il pensent à la suivante.

Moi, je vais tellement vite que le temps d’écrire la première phrase j’ai déjà oublié la suivante, emportée par la coulée de boue de mes pensée, qui inonde le village de mon texte. Si vous saviez combien de brouillons inachevés trainent sur mon bureau, dans mes pochettes, dans l’interface de mon blog. Combien de textes que j’espérais brillants, ou simplement intéressants, et qui n’iront pas jusqu’à la fin de leur gestation, avortés par une réflexion que je n’arrivais plus à suivre.

Combien de textes j’ai publié même, qui ne contenaient pas la moitié de ce que j’y voulais mettre, simplement parce que j’étais trop con pour réussir à suivre ma pensée correctement. Combien de textes j’ai dû amputer parce que je n’arrivais plus à coucher par écrit un raisonnement intéressant. Combien d’autres j’ai jeté à travers ma chambre en hurlant rageusement “C’est de la merde !” parce que j’avais essayé, en vain, de réfléchir plus lentement.

Je n’ai pas peur de la page blanche.

Ce billet en est la preuve.


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