Tant Pis

Bon. Ce billet n’a pas tellement d’autre but que de vous faire savoir que je suis bien vivant (pour ceux que ça intéresse, et désolé pour ceux qui espéraient le contraire). Je n’ai rien écrit depuis trois mois, certes. Pourtant, ça n’étaient pas les occasions qui manquaient.

Primaires socialistes, auxquelles je n’ai pas voté. Contrairement au PS, je suis socialiste (tu sais, les socialistes de 36 et d’avant, ceux qui avaient Marx et Lénine comme modèle, aujourd’hui on dit communiste, mais c’est du pinaillage), je ne me sentais donc pas légitime pour participer à ces primaires. Il y avait aussi le fait que je ne voulais pas donner un seul de mes euros à ce parti. Et enfin, le problème de la signature de la charte d’adhésion aux valeurs de la gauche. En soi, j’y adhère, mais qu’un parti comme le PS me demande de signer un tel papier pour me laisser voter, je trouve ça fort de café. Le gauchisme, maladie infantile du communisme écrivait Lénine. Tant pis.

J’ai beaucoup tweeté en fait, et la plupart de mes agressions politiques depuis la rentrée se sont faites en tranches de 140 caractères, parfois avec les (x/y) de rigueur, et je te rappelle que si tu n’as pas peur de te faire envahir sous un flot quasi-permanent de conneries inutiles et de private jokes incompréhensibles, tu trouveras (peut être) deux ou trois brèves intéressantes sur ma page twitter. Ceux qui nous suivent tous les deux ont peut être pu me voir moquer sauvagement @Charlyescp, un odieux capitaliste auto-proclamé, quoi que pour avoir regardé sa page twitter en détail, il ne fait pas partie de 1% (pour reprendre la rhétorique des indignés américains) et joue donc contre son propre camp. Il n’en a juste pas (encore) conscience. En gros, pour résumer la chose, il a réagi assez peu finement à une pique balancée à la cantonnade, suggerant que je sois un grand admirateur de Caucescu, ou d’autres sombres dictateurs du même acabit, rouge autoproclamés. Au fait, le mÔssieur râlait parce que comme je ne le suivais pas, il ne pouvait pas m’envoyer de DM pour me prouver que j’avais tort d’être un rouge. Bon, débattre de ce genre de choses, pour moi, c’est en public, tant qu’à faire. Mais une fois que je lui ai envoyé mon adresse e-mail (considerationssansimportance@gmail.com si quelqu’un veut m’envoyer une lettre d’insultes), il a fait le mort. Tant pis.

Sur facebook, j’ai râlé contre Michel Onfray. J’aimais bien Michel Onfray avant. Principalement parce qu’il est anticlérical et que les curés, moi, je peux pas les empaffer. Enfin, je dis les curés, mais c’est la même choses pour tous les imams et tous les rabbins hein. Je suis pas sectaire. Mais quand on donne dans le révisionnisme, et qu’on t’explique tranquillement que les communistes en général, et Guy Môquet en particulier, avant 41 donne dans la collaboration avec les nazis, je débloque un peu. Tout ça pour dire qu’une autre de mes idoles passe de vie à trépas et part rejoindre la fange en décomposition des trous du culs victimes de mon mépris ou de ma haine dénuée de respect, au choix. Tant pis.

J’ai pas dit grand chose sur Charly Hebdo et son numéro de la semaine dernière, sinon que j’ai spammé les commentaires islamistes sur la page facebook par un vers de l’Internationale que j’aime beaucoup: «Ni Dieu, ni César, ni Tribun». Et je pensais avoir retweeté un billet d’un éditorialiste Tunisien qui disait tout le bien qu’il pensait de Charlie Hebdo (pas beaucoup) et celui des fous de Dieu abrutis responsables du bûcher (encore moins) mais en fait, non. Le billet était génial, mais je ne remet plus la main dessus. Tant pis.

Tout ça pour dire que j’ai beau avoir été relativement actifs ces trois derniers mois, à différents points de vue, je n’ai rien produit qui vaille la peine d’être publié ici. Tant pis.

 


Censure et modération…

Je lisais (un peu en diagonale, certes) ce flux de discussion sur google plus: https://plus.google.com/107450623253376854424/posts/PCBqEUamLwi

Pour résumer rapidement, suite à une vanne de Jean-Troll Sartre (aka La Question) démarre une discussion entre lui-même, @mixbeat (principalement) et d’autres. @mixbeat (aka Carl Zéphir, aka Carl de Canada), si tu veux, c’est le compte le plus haï de la twittosphère francophone. Enfin c’était. Parce que mixbeat a été “censuré” (avec des guillemets) et son compte a été suspendu par twitter. Enfin, son compte… Ses comptes plutôt. Son compte principale avec lequel il bashait et trashait sur tout et n’importe quoi, et aussi ses autres comptes, ceux de ses “amis” qu’il utilisait pour faire vivre la pseudo-communauté de son site (et qui en réalité servaient surtout à insulter tout le monde) mais aussi si on l’en croit, des comptes qui n’avaient rien à voir avec le personnage de mixbeat.

Mixbeat hurle donc, et d’une certaine façon, c’est compréhensible (et même, partiellement exact), à la censure. La discussion prend un tour intéressant au début, notamment quand il explique qu’il est injuste de la part de twitter de censurer les comptes non liés à la sphère mixbeat. Malheureusement, très vite, la discussion tourne au flame war et il se retrouve à insulter (et à se faire insulter par) ses détracteurs. Il se pose en victime de censure et accuse Jean-Troll Sartre de partialité parce que ce dernier a supprimé un message diffamatoire, alors qu’il laisse d’autres messages agressifs envers mixbeat. Il dit que Jean-Troll le censure également et laisse passer des messages diffamatoires à son encontre. Seuls problème, les message en question ne le sont pas, ils rappellent un fait réel: mixbeat a été plusieurs fois condamné par la justice. C’est vrai, absolument pas diffamatoire et les tribunaux confirmeront au besoin.

Il devient assez ridicule ensuite en faisant un parallèle avec la censure de la République Populaire de Chine. Il y dit, en gros, que twitter est hypocrite, parce qu’il censure mixbeat d’un côté, et de l’autre côté se glorifie d’offrir une tribune à un ou des cyber dissidents chinois. Ridicule, je m’explique.

La censure, en France et ailleurs, existe. Elle n’est pas nécessairement mauvaise et s’applique dans le cadre de la loi. Elle est l’un des modérateurs de la liberté d’expression. En France, elle est faite à posteriori, c’est à dire que n’importe qui peut dire n’importe quoi, mais doit ensuite assumer ses propos s’ils sont contraires à la loi. En RPC au contraire, elle est faite à priori, c’est à dire que les publications sont filtrées. Aux États-Unis, elle est quasiment inexistante, c’est à dire que n’importe qui peut dire quasiment n’importe quoi sans craindre d’être poursuivi. Le modèle utilisé par la Chine est problématique car interdit l’expression des idées contraires à celles du censeur. En démocratie, ce modèle serait moins problématique, mais poserait alors une question de moyens. Le modèle américain est lui, trop permissif : des groupes comme le KKK ou des mouvements néo-nazis existent et s’expriment quasi librement. Le modèle français est une sorte de juste milieu, qui dépend néanmoins de la législation qui doit être à la fois suffisamment souple pour permettre l’expression et rigide pour interdire les dérives.

Donc la censure en France existe, et mixbeat a effectivement été touché par la censure puisqu’il a été condamné par les tribunaux pour ses propos. Mais là où la comparaison avec la RPC est ridicule, c’est parce qu’elle est abusive. La RPC est un État, une dictature et que la censure que cet État applique est un problème, car elle empêche la liberté d’expression. En revanche, twitter est une entité privée, qui propose un service à ses utilisateurs. Mais contrairement aux chinois qui sont coincés en Chine, les utilisateurs de twitter ont la possibilité de ne pas accepter les conditions imposées par twitter pour l’utilisation de ce service. Ils ont le droit d’utiliser un autre service, voire pourquoi pas, de créer leur propre media sur internet pour s’exprimer et c’est relativement peut cher. Des services comme dyn-dns.org permettent d’héberger un site web (un vrai site, pas un truc moche avec les bandeaux ifrance ou orange en en-tête) sur son propre ordinateur et d’avoir un nom de domaine (ou de sous-domaine) à partir de 0€ par an. Oui, oui, gratuitement. À partir de là, se comparer à un cyber dissident quand on se fait éjecter d’un service (qui n’est pas obligatoire, je le rappelle) parce qu’on ne respecte pas les conditions d’utilisation (ce qu’on s’est pourtant engagé à faire) est indécent et ridicule.

Encore une fois, mixbeat se discrédite lui même…

NB: Pour rappel, mixbeat (ou plutôt Carl Zéphir) a été plusieurs fois condamné par la justice française à cause de ses propos et récidivait régulièrement, en toute conscience de ses actes, en défiant les personnes qu’il ciblait de porter plainte, sa non-solvabilité le mettant de facto à l’abri de toute sanction réelle. Propos racistes, homophobes, diffamation, tout y passait.


#somalie

Sans majuscule et avec un # pour faire un hashtag comme sur twitter, voilà. Non mais alors.

Bon, Somalie, qu’en dire ? Depuis quelques jours on parle beaucoup de la Somalie sur twitter, principalement pour une histoire de famine carabinée qui règne là-bas et qu’en plus c’est le ramadan et que comme c’est un pays à majorité musulmane, un journaliste a dû trouver drôle d’en parler et donc du coup, comme c’est pas souvent qu’on entend parler de la Somalie, ben du coup, on en parle. Oui je sais, j’ai l’air d’un connard insensible, et en plus je me répète. Je suis un peu énervé et en plus c’est fait exprès, c’est pour ça.

Je ne suis pas énervé parce qu’on parle de la Somalie sur twitter. Je suis énervé de la façon dont on en parle. Il s’agit tout simplement de mettre le hashtag #somalie en TT (trending topic) sur twitter. Et ? Et c’est tout. Et ça me dérange.

J’explique. En Somalie c’est le bordel depuis l’indépendance du pays dans les années cinquante. Les gouvernements de l’époque qui se voulaient démocratiques ont échoué à instaurer une stabilité, principalement à cause de conflits avec leurs voisins. La démocratie y a disparu à la fin des années soixante. La famine y sévit continuellement depuis la fin des années soixante-dix. Toute forme de gouvernement y a disparu depuis 1991. Depuis vingt ans, la Somalie est un no man’s land aux mains des seigneurs de guerre qui y vivent de trafics divers: armes, drogues, piraterie…

Mettre #somalie en trending topic ça me dérange pour plusieurs raisons. Ça me dérange parce que la Somalie est au trente-sixième dessous depuis vingt, trente, ou quarante ans (rayer les mentions inutiles en fonction des critères personnels de chacun) et que les bien pensants et les révolutionnaires de papier ne s’en rendent compte que maintenant. Ça me dérange parce que de l’aveu même de ceux et celles qui essaient de faire ça, c’est inutile, sinon pour prouver que les twittos sont capables d’y mettre autre chose que #tamère (ce qui en soit serait déjà quelque chose, je l’accorde). Ça me dérange parce que ça me rappelle un commentaire que j’avais lu il y a quelques mois au moment des inondations dans le Queensland en Australie: “if you don’t pray for Australia, what’s wrong with you ?” What’s wrong with me ? Mettre #somalie en TT, c’est comme la prière, c’est l’art de ne strictement rien faire et de ne pas s’en sentir coupable, voire de s’en glorifier. Ça me dérange parce que quand tu leur rappelles cette vérité simple, tu te fais traiter de débilede connard insensible, de populiste, ce qui est un comble quand tu considères l’utilité et la pertinence de la chose, typique du populisme…

Si le sort de la Somalie t’inquiètes vraiment tu as plusieurs options viables et valables. Si tu en as le temps est les moyens, investis toi dans une ONG, celle de ton choix, celle qui te correspond, pourquoi ne pas partir là-bas pour tenter concrètement avec d’autres de reconstruire ce pays ? Si tu n’en as pas le temps mais que tu as de l’argent en trop, débarrasse toi de cet argent, fais en don à une ONG, celle de ton choix à nouveau, celle qui répond le mieux à tes critères, celle que tu penses être le mieux à même de participer à la reconstruction de ce pays, tu pourras ainsi aider d’autres personnes à avoir les moyens d’aider ce pays. Si tu n’en as ni le temps ni l’argent, tu peux aussi essayer d’alerter concrètement les personnes autour de toi, en leur expliquant ce qui se passe là-bas et en leur expliquant pourquoi tu penses qu’il est important de se mobiliser. Tu peux essayer d’alerter des personnes moins proches de toi, mais qui qui participent à la vie publique: des élus. Tu pourrais ainsi suggérer par courrier ou par e-mail à ton député (tu trouveras ses coordonnées sur le site de l’assemblée nationale) d’interpeller  le gouvernement à ce sujet.

D’aucuns pourraient dire que mettre #somalie en TT est un moyen parmi d’autres de tirer ce signal d’alarme et d’alerter les gens. On pourrait dire qu’ainsi, les personnes qui ne savent pas, verraient arriver #somalie sur leur home page twitter, seraient intrigués et cliqueraient pour voir le flux des messages de soutien et d’alerte, et se mobiliseraient à leur tour. Mettre #somalie en TT deviendrait alors effectivement intéressant.

Et on l’a vu, twitter peut être cet instrument (au hasard, la révolution verte en Iran il y a deux ans) quand on l’utilise pour communiquer de véritables informations. Le problème, c’est qu’en essayant de mettre #somalie en trending topic, on arrive à ce genre de tweets, particulièrement peu constructif, particulièrement peu éclairant sur ce qui se passe là-bas. On suggérait à ceux qui ne veulent pas mettre #somalie en TT d’essayer un autre hashtag: #teletubbies. Mais flooder pour mettre #somalie en TT et se retrouver au final avec un flux de messages vides, c’est très teletubbies je trouve.

Mais bon, je ne suis pas infaillible, peut être que je me trompe, peut être que les gens qui découvrent la Somalie seulement aujourd’hui arriveront à régler tous les problèmes de ce pays en mettant #somalie en hashtag. Pardonnez moi d’être sceptique. Très sceptique.


Pensée Unique, ou chronique d’un cours d’économie

Lecteur, tu le sais, tu l’ignores, ou tu n’en as simplement rien à foutre, mais c’est un fait, je suis étudiant en langues étrangères appliquées (lesquelles, c’est secondaire pour le moment). Et il est un cours en Licence LEA auquel on ne peut malheureusement (parce que ça n’est vraiment pas le plus intéressant) pas couper: l’économie.

Avant de nous mener dans le cœur du sujet et de nous apprendre à diriger, d’un point de vue économique, ceux qui dirigent le monde, on nous a quand même fait un petit topo sur les grands courants de la pensée économique, et les principaux noms à retenir avec Adam Smith et David Ricardo (entre autres) pour l’école libérale classique, avec Karl Marx pour (sans blague ?) le Marxisme et avec aussi John Keynes pour ce qu’on appelle maintenant le keynesianisme (avec toute ses variations).

Et dans ce topo lecteur, les paragraphes sur le Marxisme m’ont posé un petit problème.

Les thèses de Marx y sont présentées (comme celles de Smith ou de Keynes) de façon succinctes mais correcte. On nous y explique (entre autres) rapidement le concept de plus-value et en quoi d’après Marx cette plus-value est problématique. Mais ça n’est pas là qu’est le problème. Le problème, il est plutôt là, dans le paragraphe intitulé Les limites du capitalisme.

La prédiction de Marx d’une disparition inévitable du capitalisme ne s’est pas réalisée. Certains interprètent alors de façon moins radicale la doctrine marxiste, d’autres expliquent la durée du capitalisme par l’impérialisme.

[...Explication de ce qu'est l'impérialisme et comment il sauvegarde le capitalisme selon les thèses communistes modernes...]

Okay, donc on a un souci là. Prédiction ? Non réalisée ? Interprétation moins radicale ?

Alors bien sûr je suis communiste, et mon regard sur ce cours est partisan, mais… Mais en fait, on a un exemple parfait de ce que l’organisation dont je fais partie dénonce, ce que nous appelons le discours unique. Qu’est-ce que c’est ? En gros, c’est un reproche que nous faisons à l’école et aux médias français de faire preuve d’anti-communisme primaire et d’enseigner les sciences humaines de façon partisane. Du côté des médias, le reproche n’est qu’un demi-reproche puisque les medias en France sont majoritairement privés et sont là pour diffuser le message que l’actionnaire met dedans. Ça porte donc plus sur leur nature même que sur leur façon de fonctionner.

Du côté de l’école (au sens large) française, c’est bien plus problématique, puisqu’on ne laisse pas la place au libre arbitre de l’étudiant. Un exemple concret, les programmes d’Histoire du lycée. On nous y raconte que le Goulag soviétique par exemple, est le pendant des camps d’extermination des nazis et on nous raconte qu’ils ont fait encore plus de morts que ceux des nazis. C’est faux. Sans vouloir défendre le système du Goulag, il n’a rien de commun avec les camps d’extermination nazis. On n’allait pas au Goulag parce qu’on était juif par exemple. Ou homosexuel. Ou gitan. Les peines prononcées étaient très lourdes et les conditions de vie si dures qu’on n’en revenait pas souvent, mais quand on allait au Goulag, on n’y était pas envoyé pour y mourir. “Juste” pour s’y faire casser, la mort étant un “accident” (le guillements sont ici de mise) de parcours courant, voire recherché dans le cas des peines les plus lourdes et des destinations les plus dures. Mais on n’y était envoyé que pour motif politique ou de droit commun, pas ethnique. Et puis sur le nombre de mort, ce qu’on oublie de vous dire, c’est qu’en fait, il compte le nombre de mort “du fait du régime soviétique” ce qui est assez traitre. Parce que le régime soviétique a été en guerre civile de 1917 à 1923 d’une part, et qu’il y a eu, au hasard, la seconde guerre mondiale qui n’a pas été très tendre non plus, ni à l’Ouest contre les Allemands, ni à l’Est contre les Japonais. Un peu comme si, pour reprendre l’analogie avec les nazis, on comptait tous les soldats de la SS, de la Wehrmacht, de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe morts pendant la seconde guerre mondiale, comme des victimes des camps d’extermination des nazis. Heu… ça va cinq minutes là ? Cet exemple est très réducteur et n’est pas le seul. Un autre au hasard. On nous présente volontiers les soviétiques comme des totalitaires assoifés de sang, et les américains et leurs copains du bloc de l’Ouest comme les ardents défenseurs de la démocratie. Admettons. Quid des dictatures fascistes implantées en amérique latine par la CIA avec des fonds, souvent publics, américains ? Quid de la dictature implantée au Sud-Vietnam pour faire face à la montée des sympathies communistes dans la population (pas les élites, la population, celle qui est censée gouverner dans la démocratie) ? Quid de l’occupation illégale de Cuba et des tentatives pour renverser Castro, arrivé là par une révolte populaire ? Quid des prisonniers politiques dans les prisons américaines (qui, comme les détenus politiques du monde entiers, sont détenus sous de faux prétextes) ? Passés sous silence. C’est ça le discours unique à l’école, au lycée et à l’université française.

Dans le cas qui nous intéresse à la base (mon cours d’économie, tu suis ou bien ?), ce qui me gène n’est pas tant la criminalisation mensongère que la falsification du discours économique. Certes, les thèses de Marx sont décrites honnêtement, mais ce qui me gène, c’est leur présentation et le choix des mots. Prédiction plutôt que prévision par exemple. Le terme de prévision indique par exemple que celui qui la fait est conscient de n’avoir qu’une partie du problème en main d’une part, et de ne pas être capable de connaitre le futur dans son intégralité. Celui de prédiction indique que celui qui la fait est au choix, un voyant, un prophète, ou bien un dangereux allumé. La phrase suivante qui parle d’interpréter le marxisme moins radicalement donne clairement la réponse sur lequel des trois est Karl Marx. Mais corrigeons cela de nous même et parlons de prévision. le cours oublie de nous dire plusieurs chose. Que premièrement, l’Histoire du capitalisme est en train d’être écrite, que le livre n’est pas refermé, et que l’effondrement prévu par Marx n’est pas “pas survenu” mais plutôt “pas encore survenu”. Et deuxièmement, il oublie de nous dire que si cet effondrement n’est pas encore survenu, il a été très proche à plusieurs reprises, notamment (mais pas que) à la fin des années 1920 et à la fin des années 2000, et que s’il n’est pas survenu à ces occasions, c’est principalement parce que le système a subi un sauvetage in extremis. Dans les années 1920, c’était le keynesianisme avec les grands travaux d’État qui ont permis de relancer l’économie (et aussi la seconde guerre mondiale et sa demande en armement qui pointait son nez), ainsi que le fait que la crise a été cristalisée sur l’Allemagne. Dans les années 2000, c’était l’injection massive de fonds publics dans les capitaux privés (les banques) sans contrepartie aucune (les capitalistes foutent la merde, le peuple paie, normal quoi), ainsi que la cristalisation (encore et toujours) de la crise sur les pays les plus démunis. Et dans ces deux cas, il est permis de se demander (sans non plus écrire une uchronie) si l’échec de ces sauvetages n’aurait pas mené à une révolution socialiste comme en Russie en 1917. C’est d’ailleurs ce qui se passe (la violence en moins) en Islande depuis fin 2008. Mais on n’en entend pas tellement parler. Moins que de la grossess” de Carla Bruni en tout cas. C’est pourtant plus important, non ?

Encore une fois, venant de medias privés, ce regard partisan n’est pas si choquant. Mais venant de l’autorité publique censée instruire les masses ? Présenter ainsi en toute partialité en se cachant sous le masque de l’Histoire (qui au passage, n’est écrite que par les vainqueurs, trouvez moi un texte historique qui fasse autorité sur la guerre des Gaules et qui n’ait pas été écrit par les romains) et en biaisant le point de vue politique de la jeunesse, je trouve ça relativement scandaleux. Quoique compréhensible. Si, en criminalisant ainsi le socialisme, on trouve encore des socialistes (des vrais, pas les social-démocrates du PS), on peut légitimement se demander ce qu’il en serait en présentant honnêtement le socialisme sans le comparer au nazisme.


De l’utilité des panneaux d’avertissements pour radars automatiques…

Si t’as pas envie de lire, épargne toi cette peine, ma conclusion est la suivante: elle est nulle.

Bon, ça, c’est fait, passons au développement du raisonnement. Depuis quelque temps, l’État parle de supprimer les panneaux de ce type le long des routes de France. Et l’a fait.

Personnellement, je pense qu’on ne peut que s’en féliciter. La plupart des critiques allant dans ce sens tient au fait que l’État a décidé de criminaliser les usagers de la route et de les transformer en vache à lait. Ben il serait temps ! Je ne suis habituellement pas un grand fanatique de la répression, à quelque niveau que ce soit mais là où la prévention a échoué à empêcher le délit (c’est confus, je sais), il faut réprimer. De façon adéquate et en évitant toute disproportion, certes, mais il faut réprimer néanmoins. La répression jouant ainsi le rôle d’une épée de damoclès et d’une façon secondaire, et pas toujours évidente, un rôle de prévention de la récidive.

Ainsi, dans le cas des sanctions pour les infractions au code de la route, si la prévention a échoué à te sensibiliser à la sécurité routière, la peur de l’amende ou de la perte de l’outil de travail te fera peut être prendre conscience que le code de la route, c’est pas pour les chiens.

Donc, le code de la route, on le respecte, et dès qu’on prend la bagnole, on sait qu’on risque de se faire contrôler pour raisons diverses et qu’une infraction se sanctionne. Tu n’es donc pas une vache à lait automobiliste chéri, pas tant que tu respectes ce code de la route. La seule critique au niveau de la politique de sécurité routière de l’État que je trouverais admissible en l’État, est celle du positionnement des radars, qui sont, il est vrai, plus souvent positionnés là où ils sont rentables que là où ils sont utiles. Il n’empêche, et je vais marteler cet argument à nouveau, que si tu respectes le code de la route, et donc les limitations de vitesse, tu n’as rien à craindre des radars, où qu’ils soient, et ce, avec ou sans signalisation préventive.

Le problème principal de cette signalisation est qu’elle encourage indirectement les excès de vitesses: si les conducteurs respectueux des limitations ne tombent pas dans ce travers, les amis du champignons, eux, savent ainsi où accélerer; le problème étant que ces derniers ne sont pas toujours les meilleurs conducteurs.

On nous dit aussi que regarder le compteur et la route en même temps est impossible. Admettons. Regarder son compteur ne prend cependant pas plus d’une seconde. Comme pour regarder dans un rétroviseur en fait. Et puis une fois accoutumé à sa voiture, en gros, une fois le rôdage passé, on doit quand même être capable d’estimer sa vitesse à quelques kilomètres par heure près rien qu’au bruit du moteur. La vitesse de défilement de la route devant être d’une aide certaine. Personnellement je ne suis même pas conducteur, et j’y arrive quand je voyage dans la voiture de mon père. Ça ne doit pas être si difficile que ça bordel de bite, si ?

Mais le plus drôle, c’est que de nombreux députés (de droite, presque tous) s’insurgent contre cette décision. Pas parce qu’elle serait superflue non. Leur argumentaire dit clairement qu’elle est impopulaire et que donc il faut pas. C’est interdit. C’est la droite populiste populaire ça.


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.